Les «désagréments» de la Révolution – par M’Hamed Ben Youssef

TRIBUNE – Il m’arrive assez fréquemment avant de fermer les yeux, la nuit, de penser – parfois malgré moi – au devenir de notre pays post-révolution. Et, croyez-moi, je ne trouve pas de quoi pavoiser. En voici un échantillonnage cité pêle-mêle, un désordre qu’impose le foisonnement des tares…

– L’anxiété et le mal de vivre de grandes franges de la population ont atteint des proportions alarmantes. Ce sont les psychiatres qui font, aujourd’hui, de bonnes affaires. Leurs salles d’attente ne désemplissent pas de patients malheureux. Ces praticiens comptent jusqu’à 30% d’augmentation de leurs «visiteurs» mal en point.

– Au foyer, on ne fait presque plus de douche. On ne remplace plus les ampoules grillées du fait que la SONEDE et, à son tour, la STEG ont procédé à l’augmentation de leur tarif respectif.

– L’abandon du port de la cravate dans l’administration est signe du laisser-aller surtout par suivisme du désinvolte Marzouki. Du reste, plus d’un ne sait plus faire le nœud de cet accessoire, synonyme de sobriété.

– Les ordures ménagères, naguère entassées dans des poubelles fermées, sont jetées à même le trottoir ou entassées tel un monticule à tout bout de rue et de quartier. Un legs propice à la prolifération des rats et des maladies contagieuses…

– Les sens interdits sont violés en permanence par tant d’automobilistes, y compris les taxistes dont bon nombre sont des «clandestins».

– Le mécontentement des gens est permanent. Ceux-ci sont devenus agressifs pour des motifs futiles. Des écervelés vont jusqu’à bloquer les routes et les autoroutes à la circulation, en allumant des pneus. Il s’agit de faire entendre leurs revendications excessives. Ces forfaits à répétition sont en passe de devenir «anodins», particulièrement au centre et au sud de la Tunisie.

– Quant aux grèves, elles sont notre pain quotidien. Il n’y a presqu’aucune entreprise ou société dans le pays qui n’en a pas connu et les patrons en ont terriblement souffert. Certains d’entre eux ont préféré mettre la clé sous le paillasson et s’enfuir… Débrayer, c’est se croire être à la page et suivre la mode chez nous. Les éboueurs et les transporteurs publics sont devenus les vrais maîtres de nos cités. On les craint comme la peste des temps modernes…

– La pauvreté s’étend partout ; même la classe supérieure, ne parlons pas de la moyenne, n’a pas été épargnée. Quant à la ménagère, quelle que soit sa fortune, elle se plaint, dorénavant, de la cherté de la vie, suite à l’inflation galopante. Les portions de viande dans nos assiettes se sont réduites comme peau de chagrin.

– La drogue se répand sans cesse, surtout dans les rangs de nos lycéens et universitaires. Ceux-ci sont devenus excessivement indisciplinés. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il leur arrive de tabasser leurs éducateurs ! C’est la pagaille qui règne dans nos établissements scolaires…

– La délinquance a atteint des proportions plus qu’alarmantes. La contrebande s’est définitivement implantée dans la capitale et les différents bleds, ainsi que la corruption qui étale sans cesse ses tentacules dans tous les rouages administratifs.

– La consommation de l’alcool monte en flèche. On a enregistré, depuis quelques mois, une augmentation des ventes de liqueurs et de la bière de l’ordre de 30%.

– Côté politique, si une certaine amélioration est constatée, suite à la concorde retrouvée pour désigner un Premier ministre et l’achèvement de la Constitution, n’empêche que les outsiders parmi nos 140 partis (excusez du peu !) se chamaillent, déjà, pour des futilités concernant les futures législatives. Plusieurs ténors, parmi eux, sont déjà entrés en campagne à peine voilée, comme le docile Ben Jaâfar et notre permanent gaffeur Marzouki.

– Ce dernier, toujours aussi farfelu et mal fagoté vestimentairement, ne cesse d’agir à sa guise. Il fait ce qui lui passe par la tête ! Surprendre la population et les chancelleries par ses agissements à contre-courant du bon sens et de la diplomatie est devenu la spécialité de notre «tartour». Nos concitoyens trouvent qu’il n’est pas à sa place, loin de là ! Voire indigne de représenter la Tunisie de Hannibal, d’Ibn Khaldoun, d’Abou Kacem Chebbi et autre Bourguiba.

A suivre…

M’Hamed BEN YOUSSEF

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