Le Qatar veut se débarrasser de Youssef Al-Qardhaoui… en l’envoyant en Tunisie

Youssef Al-QardhaouiSelon des observateurs et des analystes, un intrigant ballet diplomatique, politique et sécuritaire, qualifié de «douteux et suspect» serait en cours au Qatar avec pour objectif de se débarrasser du désormais encombrant Cheikh Youssef Al-Qardhaoui dont la présence à Doha empoisonnerait les relations diplomatiques du Qatar avec ses voisins du Golfe et avec une large majorité de pays arabes.

D’après Al-Arab, le Qatar serait donc en train trouver une solution à cette crise diplomatique en cherchant une porte de sortie au Cheikh qu’elle souhaiterait voir partir sous d’autres cieux. Pour se débarrasser du Cheikh et lui trouver un autre refuge, le Qatar mise sur la Tunisie avec qui il aurait entamé des consultations afin d’accueillir le très contesté président de l’Union Internationale des Savants Musulmans (oulémas) et membre de la confrérie des Frères musulmans.

Ces consultations, jugées «sérieuses» sont rapportées par Riadh Sidawi du Centre arabe pour l’étude de la vie politique et sociale, basé en Suisse. Selon ses déclarations à Al-Arab, «ces consultations pour recueillir le Cheikh, inquiètent et préoccupent différentes parties tunisiennes. La visite à Tunis de l’Emir du Qatar Cheikh Tamim Ben Hamad al-Thani, le 3 avril, entraient dans le cadre de cette question et un entretien à huis clos a eu lieu concernant justement les détails de cette affaire.

D’après Sidawi, le Qatar cherche à transférer la crise vers la Tunisie en y envoyant le Cheikh, ne supportant plus cette charge. L’analyste accuse même Ennahdha et le CPR de Marzouki d’avoir finalisé l’arrivée d’Al-Qardhaoui à Tunis. Il rappelle, en outre, que la récente visite de Habib Khedher, le rapporteur général de la Constitution, au Qatar où il a rencontré le Cheikh avait pour objet de finaliser les derniers détails de son arrivée.

Les consultations ne seraient pas encore achevées, mais des rapports égyptiens affirmeraient que le Qatar et la Tunisie avaient conclu le transfert du Cheikh de Doha à Tunis en échange d’une éventuelle manne financière qui pourrait consister pour le Qatar à «injecter des fonds dans la trésorerie tunisienne pour l’aider à sortir de la crise financière».

La polémique autour de l’arrivée du Cheikh s’accentuera sûrement au cours des prochaines semaines sachant que les différentes parties politiques en Tunisie refusent catégoriquement sa venue et le fait de lui accorder l’asile, estimant que cela nuirait aux intérêts de la Tunisie au niveau des relations avec les pays du Golfe. D’un autre côté, le Qatar n’est plus en mesure de supporter un tel fardeau qui le sanctionne sur un plan régional.

Or, la possibilité d’accorder l’asile à Youssef Al-Qardhaoui est très probable notamment parce qu’Ennahdha y est favorable et parce que Rached Ghannouchi s’est déjà prononcé sur la question en déclarant, le 16 janvier dernier, que la Tunisie accorderait l’asile politique pour les leaders de la confrérie internationale des frères musulmans qui le désireraient.

——————-

MISE A JOUR : Dans un communiqué, publié ce vendredi 11 avril 2014, la présidence de la République a publié un démenti sur l’éventuelle venue de Youssef Al-Qardhaoui en Tunisie et réfuté les informations publiées par Al-Arab selon lesquelles l’Emir du Qatar s’est entretenu à propos de Cheikh Al-Qardhaoui avec le président Marzouki lors de sa récente visite en Tunisie.

Commentaires: