Moulay Hicham El-Alaoui : « La vraie exception du monde arabe c’est la Tunisie, et ça le reste »

Moulay Hicham Ben Abdallah Alaoui (crédit photo - Le Monde)
Moulay Hicham Ben Abdallah Alaoui (crédit photo – Le Monde)

Vivant aux Etats-Unis depuis 2002, et surnommé le «prince rouge» pour ses positions en faveur d’une démocratisation du Maroc, Moulay Hicham Ben Abdallah Alaoui, neveu de Hassen II, publiera, le 9 avril prochain, un livre intitulé Journal d’un prince banni, dans lequel il appelle à l’abolition du Makhzen, l’influent cabinet politique de son cousin le Roi Mohamed VI.

A l’occasion de la sortie de ce livre, Moulay Hicham a accordé une interview au journal français Le Monde, dans lequel il cite, notamment, la Tunisie comme l’unique exception du monde arabe tout en tirant à boulets rouges sur les monarchies arabes.

«Vous avez soutenu le «printemps arabe» et prédit la chute des monarchies arabes, mais pas une n’a bougé…», lui lance la journaliste Isabelle Mandraud. La réponse est cinglante !

«Bahreïn est une occupation saoudienne !, s’exclame Moulay Hicham. Oui, j’ai été proche des familles royales saoudienne et jordanienne, mais se respecter, c’est aussi respecter les opinions des autres. Aujourd’hui, ces monarchies m’en veulent beaucoup, parce qu’on estime que je me suis retourné contre ma race».

Pour lui, «il n’y a pas d’exception marocaine, il y a un avantage monarchique». «C’est un système qui n’est pas entièrement fermé : il y a des vannes et des soupapes, explique-t-il. Mais je pense que les soupapes ne sont pas assez grandes pour évacuer la pression.

Le changement de génération, de classe moyenne, la récession en Europe, sont autant de nouveaux paramètres. La vraie exception, ce n’est pas le Maroc. La vraie exception du monde arabe, c’est la Tunisie, et ça le reste. Mais la fascination pour l’autoritarisme dans la région s’est cassée. Le sentiment d’impuissance aussi».

Le Monde (Le regne de Mohammed VI, « un rendez-vous raté avec l’Histoire » - credit Ochlocratie
Extrait de l’interview : Le règne de Mohammed VI, «un rendez-vous raté avec l’Histoire» (crédit – Ochlocratie)

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