Mehdi Jomaa : «Voilà où nous ont menées 3 années sans travailler…»

Interview Mehdi Jomaa

L’interview du Premier ministre Mehdi Jomaa pourtant annoncée tambour battant a été un flop. Une intervention plate au cours de laquelle le chef du gouvernement s’est contenté d’énumérer les difficultés économiques du pays sans pour autant annoncer des mesures concrètes.

Une heure durant, Mehdi Jomaa a passé en revue les différentes préoccupations des Tunisiens et fait le bilan de ses 30 premiers jours à la tête du gouvernement. Période durant laquelle le gouvernement a fait une évaluation de la situation avant de passer au diagnostic afin de préparer le terrain pour les prochains gouvernements.
La première partie de l’interview diffusée sur les deux chaines nationales et Nessma TV, a été consacrée aux volets politique et sécuritaire essentiellement mais c’est le volet économique qui a été le plus traité avec un bilan chiffré de la situation du pays depuis 3 ans.

La situation économique est difficile et les Tunisiens doivent s’attendre à des sacrifices. C’est en substance le message qu’a voulu faire passer le Premier ministre aux Tunisiens. Une annonce sonnant comme un avertissement si l’on ajoute le fait que les caisses sont vides et qu’aujourd’hui, on emprunte pour consommer et non pour investir, comme le montrent les chiffres. En 2010, la Tunisie investissait à hauteur de 4.3 milliards de dinars, dont 1,3 milliard provenait d’emprunts. En 2013, le volume d’investissement n’a pas changé mais la Tunisie a emprunté 13 milliards de dinars.

Pour «enfoncer le clou», Mehdi Jomaa a annoncé le chiffre de 25 milliards de dinars empruntés en 4 ans auxquels il manque toujours un complément de 4 milliards pour boucler le budget. En parallèle, aucune rentabilité n’a été enregistrée alors que ces emprunts ont été avalés par les recrutements dans la fonction publique. Il a d’ailleurs profité de l’occasion pour annoncer le gel des recrutements dans les établissements publics et faire savoir qu’il allait demander l’aide de pays étrangers pour obtenir d’autres prêts.

«Pendant ces trois dernières années, nous n’avons pas travaillé, n’avons pas respecté les institutions de l’Etat ni les lois. Nous n’avons pas produit. Ce n’est pas ça la révolution. Une autre révolution commence, celle des mentalités et du travail», a-t-il lancé. Cela passe par une restructuration à grande échelle des entreprises publiques d’abord et par une dynamisation de l’économie par des mesures stratégiques

Sur le plan politique, l’objectif principal est d’organiser des élections transparentes avant la fin de l’année en créant un climat propice à ces élections. Cela passe par une amélioration de la situation sécuritaire, ce que le Premier ministre a confirmé. Il a estimé qu’il y a toujours des menaces mais que la situation réelle s’est améliorée grâce à une meilleure coordination entre les forces de sécurité et l’armée, dans les renseignements.

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