Suisse : Marzouki dénigre les avocats tunisiens et cache la vérité sur Mejri

Marzouki - Suisse -03-03-2014

De passage en Suisse pour participer à la 25e session du Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies, le président provisoire de la République, Moncef Marzouki, a demandé l’aide des autorités du pays pour récupérer les avoirs spoliés par les clans Ben Ali et Trabelsi.

« La Suisse pourrait […] nous aider en récupérant nos biens volés, a-t-il déclaré, lors d’une interview accordée, hier, à la Radio Télévision Suisse (RTS). Je viens d’apprendre, récemment, que certains grands malfrats dont les comptes bancaires avaient été gelés à un moment donné, ont été «dégelés» si je peux dire. Cet argent nous savons très bien qu’il a été volé au peuple tunisien […] Je suis profondément scandalisé d’apprendre que 4 comptes bancaires qui avaient été gelés ont été de nouveaux libérés en Suisse. Je trouve cela désolant».

«Même si légalement il y a quelque chose, éthiquement ce n’est pas possible que des gens qui ont volé le peuple tunisien puissent avoir des comptes en Suisse et qu’on leur rende cet argent. On nous a parlé, à un moment donné, de soixante millions, mais nous pensons qu’il y a probablement dix fois plus», a ajouté Moncef Marzouki.

Selon lui, le problème serait que la Tunisie ne dispose pas de personnes qualifiées dans ce genre de domaine. Dénigrant même les avocats de son pays, Marzouki ajoute : «La Tunisie est un petit pays qui n’a pas de bons avocats, de bons experts pour aller chercher, fouiner…».

Sur un autre plan, vantant «la Tunisie des libertés», Moncef Marzouki a assuré, lors de cette interview, que «des motivations et raisons économiques et non politiques» pousseraient des Tunisiens à demander l’asile en Suisse. Pour appuyer son assertion, il cite l’exemple de la grâce présidentielle qu’il avait accordée au prisonnier d’opinion Jabeur Mejri. «Il y a eu toute cette histoire de cet homme qui s’appelle Mejri. Je l’ai gracié, déclare-t-il. Il y a une liberté de ton, d’association […] qui est totale».

Mais ce que notre président démocrate Moncef Marzouki omet de transmettre à nos amis suisses c’est que cette grâce n’est pas effective puisqu’elle n’a été accordée que parallèlement au déclenchement d’une nouvelle plainte contre Jabeur Mejri pour une affaire de droit commun. De ce fait, Jabeur Mejri croupit encore en prison.

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