Une enseignante menacée de poursuites pour propos racistes à l’encontre de son élève

RacismeUne enseignante affectée au lycée Ibn Rachik à Ezzahra, a traité un de ses élèves d’esclave. L’élève en question et ses camarades, touchés par cet acte portant atteinte à la dignité humaine, ainsi que leurs parents ont décidé alors de se rassembler devant le lycée pour demander au professeur de s’expliquer.

Mais cette dernière les aurait complètement ignorés. L’un des parents qui a mal apprécié son attitude en la qualifiant «d’impolitesse», a été convoqué au poste de police pour y passer une journée entière suite à une plainte déposée à son encontre, rapporte le journal Achourouk.

Mohamed Amine Krifi, président de l’Association «l’élève» et présent sur les lieux en se joignant au mouvement des parents et des élèves, a qualifié de graves et inexcusables les propos racistes proférés par la professeur incriminée et a demandé sa radiation de l’enseignement.

Alors qu’aucune position officielle n’a été émise, ni de la part de l’administration du lycée ni du côté de l’administration régionale concernée, les parents ont décidé de poursuivre l’enseignante en question en justice pour injure et atteinte à l’honneur de l’élève victime de cette agression raciale. Mais la question risque de ne pas être tranchée comme ils le souhaitent en raison des lacunes de la loi en vigueur.

En effet, à part la ratification en janvier 1967 de la convention internationale sur l’élimination de toute forme de discrimination raciale, la législation pénale et civile en Tunisie ne prévoit aucune sanction à l’encontre de ceux qui commettent des actes racistes. Même la nouvelle constitution présentée comme étant l’une des meilleures au monde, n’a pas évoqué la protection de la dignité humaine contre les agressions racistes qui ont connu une prolifération phénoménale ces derniers temps.

En d’autres termes, la loi tunisienne ne reconnaît pas le délit raciste dont sont victimes aussi bien les Tunisiens qui ont une couleur de peau noire que les africains qui séjournent parmi nous dans le cadre de leurs études universitaires ou d’une mission de travail.

Les débordements ont amené l’association des étudiants et stagiaires africains en Tunisie à manifester leur ras le bol lors d’une rencontre organisée en juillet 2013 à «la maison du droit et des migrations en Tunisie» en dénonçant les pratiques racistes qui les visent et en s’étonnant de la réaction des autorités de police qui ne donnent pas suite à leurs plaintes.

A noter que dans le contexte de la lutte contre le racisme, des marches sont programmées dans les jours prochains dans le cadre de la journée internationale de la lutte contre le racisme, le 21 mars. A ce titre, trois marches seront organisées, selon les médias, le 18 mars à Djerba, le 19 à Gabes, le 20 à Sfax et le 21 à Tunis.

Commentaires: