Le gouvernement de Mehdi Jemaa tributaire de la volonté d’Ennahdha et de...

Le gouvernement de Mehdi Jemaa tributaire de la volonté d’Ennahdha et de ses alliés !

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Ennahdha et ses alliés au sein de l’Assemblée Nationale Constituante poursuivent leur manège qui ne fait que retarder le déclenchement de la troisième phase de transition. La réunion d’aujourd’hui dans le cadre du dialogue national a échoué en raison de l’impossibilité des participants à parvenir à un compromis concernant notamment le gouvernement.

Mehdi-Jomaa

Cette dernière volte-face des Islamistes, comme le rapporte l’élu démocrate Hichem Hosni sur les ondes de Mosaïque FM, concerne l’article 19 de la loi portant organisation provisoire des pouvoirs publics et relative à la motion de censure que l’on peut présenter contre le gouvernement.

Que dit cet article 19 ?
Une motion de censure peut être présentée contre le gouvernement ou un ministre à la demande d’un tiers des élus au moins. Ensuite le même article souligne que le vote de la motion de censure se fera à la majorité absolue (50+1).

Or et dans le cadre du dialogue national, les parties intéressées ont convenu la révision de cette disposition pour faire en sorte que le prochain gouvernement ne pourrait demeurer en poste si les élus de l’ANC lui retirent leur confiance à la majorité des deux tiers et non plus à la majorité absolue.

Aujourd’hui, Ennahdha a renié ses engagements antérieurs en refusant la modification de cet article.

Que signifie donc cet acharnement à garder cet article tel qu’il a été prévu jusque-là ?

En fait, il place le prochain gouvernement de Mehdi Jemaa sous la tutelle politique des Islamistes et de leurs alliés qui disposent de la majorité absolue au sein de l’ANC. Cela le fragiliserait et le laisserait à leur merci, ce qui pourrait le contraindre à se plier à leurs exigences, et dans le cas contraire, il pourrait être tout simplement désavoué et obligé à la démission.

Autrement dit, les Islamistes et leurs alliés veulent conserver leurs pouvoirs à l’encontre de ce gouvernement et assurer leur contrôle pour ne pas dire leur mainmise sur ses agissements et sur ses décisions, ce qui risque de limiter considérablement sa marge de manœuvre.

Pour justifier cette volte-face, Ajmi Lourimi, le responsable de l’information d’Ennahdha, a déclaré à la TAP que « son mouvement ne voit pas l’intérêt de modifier la loi provisoire des pouvoirs publics en raison de l’absence de l’intention de retirer la confiance au gouvernement tant qu’il demeure lié par son programme et par les résolutions du dialogue national. »

Or et si l’on veut réellement assurer et garantir sa liberté au nouveau gouvernement d’agir afin qu’il puisse préparer comme il se doit la prochaine étape de la transition, il est nécessaire de lui en laisser la latitude et non de le garder avec une épée de Damoclès pendue sur sa tête !

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