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Rached Ghannouchi : «C’est un fait, il y a désormais deux rues en Tunisie»

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Rached GhannouchiDans une interview accordée au journal belge Le Soir, le président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi avoue que son parti est en train d’étudier la possibilité d’organiser un référendum pour mettre fin à la crise politique en Tunisie. Au cours de cet entretien Rached Ghannouchi admet que la rue tunisienne est divisée. «C’est un fait, il y a désormais deux rues en Tunisie» déclare-t-il, en allusion aux manifestations simultanées des pro-légitimités et des pro-dissolutions.

Estimant le recours à la rue improductif, Rached Ghannouchi concède qu’Ennahdha étudie la possibilité d’opter pour un référendum pour mettre fin à la crise. «Nous en sommes aux 100 derniers mètres du processus transitoire et nous refusons de tout recommencer de zéro. Les deux camps ne peuvent plus continuer à faire appel à la rue. Nous réfléchissons à l’idée d’un référendum comme solution alternative à la crise» explique-t-il.

Cette hypothèse dont parle Rached Ghannouchi, qui a aussi été évoquée par le chef du gouvernement Ali Laarayedh, pose plusieurs interrogations : sur quels sujets se prononceront exactement les Tunisiens ? La dissolution du gouvernement, la dissolution de l’ANC ou bien la constitution ? Des négociations ont-elles été menées avec l’opposition pour étudier cette possibilité ? Qui aura la charge d’organiser ce référendum vu que l’ISIE n’est pas encore opérationnelle ? Autant de questions qui resteront en suspens… pour le moment.

Toutefois, le président d’Ennahdha juge que l’opposition a été prise à son propre piège en défendant la thèse de la dissolution de l’ANC et qu’elle ne sait plus comment sortir d’une telle impasse. Affirmant que la tentative de dissolution de l’ANC a échoué, Rached Ghannouchi estime que «les tenants de cette thèse (dissolution de l’ANC) ont grimpé au-dessus d’un arbre et ne savent plus comment en descendre». Il estime donc que l’ANC est sauvée et que la question de sa dissolution ne se pose plus, même si l’opposition, pas plus tard que samedi dernier, a réaffirmé sa volonté de mettre fin aux travaux de l’ANC.

D’un autre côté, Rached Ghannouchi se déclare favorable à un élargissement du gouvernement, y compris à Nidaa Tounes, en assurant que toutes les options sont sur la table. Il prédit aussi la non-nomination d’un candidat par Ennahdha pour l’élection présidentiel, prévoyant que cette éventualité est «la plus probable» et que dans ce cas son parti ne se prononcera en faveur d’aucun candidat et restera à distance équivalente envers tous les partis.

Ces déclarations de Rached Ghannouchi ont eu le mérite de clarifier un peu plus la position d’Ennahdha et son plan d’action pour sortir de la crise, mais le flou subsiste quand même quant à la teneur des négociations en cours, des participants qui y prennent part et surtout les détails de ce plan d’action et de ce référendum.

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