Ali Laarayedh comme Morsi…

Ali Laarayedh - Dessin El Berbech En direct du Palais du gouvernement de la Kasbah, le premier ministre a laissé de côté les doléances et requêtes de l’opposition et de la société civile pour prononcer un discours accusateur et musclé avant d’appeler ses partisans à le soutenir.

Le discours a comporté trois volets qui ont été consacrés respectivement à l’assassinat de Mohamed Brahmi, aux appels à la désobéissance civile et à la politique du gouvernement pour le restant de la période transitoire.

Au sujet de l’assassinat de Mohamed Brahmi, le premier ministre a rappelé que cet acte terroriste n’est pas le premier à se produire en Tunisie et à avoir fait des victimes. Il a rappelé l’attentat de Djerba en 2005, les événements de Soliman, ceux de Rouhia, de Bir Ali Ben Khelifa et de Chaâmbi qui se sont produits avant l’assassinat politique de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi, omettant par ailleurs de citer le lynchage de Lotfi Naqdh qu’il ne considère probablement pas comme un assassinat politique !

Il a souligné que ces actes s’inscrivent dans le sillage du terrorisme international qui frappe les pays de la région voire tous les pays du monde et les menaces, ajoutant que la lutte contre ce phénomène nécessite une mobilisation et des actions efficaces pour y faire face. Il a indiqué que depuis que la désignation de ce gouvernement, il a mis en garde contre le danger terroriste et à sollicité la société à se joindre aux efforts de la lutte antiterroriste.

Ali Larayedh a ensuite qualifié ceux qui demandent la démission du gouvernement et la dissolution de l’Assemblée Nationale Constituante comme des opportunistes et des anarchistes, ces des partis ne visant en réalité, et toujours selon le premier ministre, qu’à vouloir s’emparer du pouvoir et de s’approprier une légitimité infondée. Il a ajouté que la remise en cause des institutions issues des élections du 23 octobre 2011 ne date pas d’aujourd’hui. Il a ensuite salué le peuple tunisien, qui n’aurait pas adhéré à cet appel de désobéissance, ainsi que les forces de l’ordre et l’institution militaire qui ont assumé leur responsabilité.

Le premier ministre provisoire a souligné que le gouvernement demeurera bien en place et poursuivra sa mission en veillant à écourter les travaux de l’ANC en l’amenant à approuver la constitution au plus tard à la fin du mois d’août 2013 et à élaborer les textes utiles avant le 23 octobre en vue de l’organisation des élections avant la fin de l’année proposant à cet effet la date du 17 décembre qui correspond à un mardi. Parallèlement, le gouvernement poursuivra ses efforts pour améliorer la situation sur les plans économique et social et au niveau sécuritaire.

Faisant allusion aux ligues de protection de la révolution, mais aussi à toutes les autres associations les mettant sur un pied d’égalité, il a fait savoir –comme d’habitude- que la loi leur sera appliquée dans toute sa rigueur ce qui laisse supposer que des mesures seront prises à leur encontre soit pour qu’elles se conforment à la loi, soit pour prendre d’autres décisions plus sévères.

Il a martelé en disant que le gouvernement est prêt à recourir à l’arbitrage du peuple en recourant à un référendum sur les choix à mettre en œuvre ou en l’invitant à descendre aussi dans la rue.

Les réactions choquées sur les réseaux sociaux ont été immédiates. Interloqués par les propos de Larayedh, certains l’ont comparé à « Ben Ali qui au moins lui, nous a compris et a fini par s’enfuir, et toi, Larayedh, non ».

Un discours et une stratégie qui rappellent étrangement ceux de Mohamed Morsi. On connait la suite et où a-t-il mené son pays…

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