Marzouki à Hollande : la Tunisie veut aussi des artistes en plus des touristes français

Marzouki hollandeLe chef de l’Etat français, François Hollande, est arrivé aujourd’hui en Tunisie pour une visite d’Etat d’une trentaine d’heure. Accueilli par le président tunisien, Moncef Marzouki et sa femme (première apparition publique de la first lady tunisienne), François Hollande et son hôte sont allés au Palais de Carthage pour une cérémonie de signatures de protocoles, suivi d’une conférence de presse.

Lors de la conférence de presse, le président Hollande a affirmé sa joie d’effectuer cette visite en Tunisie et insisté sur la profondeur de l’amitié qui lie les deux nations tunisienne et française. Il a aussi réitéré son souhait de voir la Tunisie réussir sa transition démocratique et de montrer la voie de la démocratie aux autres pays. «Cette réussite est primordiale pour le monde arabe auquel la Tunisie a montré la voie», a-t-il souligné en évoquant la crise sécuritaire que vit la Libye, la sortie de route de l’Egypte et la guerre civile d’une Syrie «sous la coupe d’un dictateur».

Il souhaite voir la révolution tunisienne aboutir sur les principes de dignité et de liberté, principes qui rappelle à la France ses valeurs de liberté et de pluralisme. François Hollande voit en la jeunesse une variable essentielle dans la réussite de ce processus, jeunesse avec laquelle il s’entretiendra plus tard pour leur communiquer «toute son admiration» pour ce qu’ils ont accomplis.

François hollande a insisté sur la nouvelle nature de relations que la France doit entretenir avec son partenaire tunisien, en se montrant à ses côtés sans pour autant s’immiscer dans ses affaires intérieures. «En matière de sécurité, la France doit vous fournir l’aide sans porter atteinte à l’indépendance de la Tunisie», déclare-t-il.
Le président tunisien, Moncef Marzouki, souhaite quant à lui développer de nouvelles méthodes de coopération avec la France, en souhaitant ne pas recevoir uniquement les touristes, mais aussi les artistes, les investisseurs et établir des relations durables dans tous les domaines.

Vint ensuite, le moment de répondre aux questions des journalistes. La première concernait les évènements en Egypte, et s’il s’agissait d’un soulèvement populaire ou d’un coup d’Etat militaire. A cette question, François Hollande a estimé qu’il s’agit d’un processus démocratique stoppé et qu’il faut aider le peuple égyptien à retrouver confiance en la démocratie. Il pense que c’est un constat d’échec quand un président élu démocratiquement est renversé mais qu’il faut rapidement reprendre le chemin du processus démocratique. «L’armée doit organiser au plus vite des élections libres et plurielles et garantir la liberté de la presse», a-t-il déclaré.

Moncef Marzouki, quant à lui, regrette ce coup d’Etat et cette atteinte à la légitimité, qui ne va engendrer que de la violence et du terrorisme. Toutefois, il appelle tous les dirigeants égyptiens à allier la légitimité électorale et la légitimité consensuelle en mettant l’accent sur la perspicacité du chemin que la Tunisie s’est tracé.
Moncef Marzouki déplore aussi la censure visant Internet et les medias en Egypte et appelle à la sauvegarde de l’intégrité physique du président Morsi ainsi que de ses partisans.

Répondant à une question sur la possibilité d’un risque de contagion en Tunisie de ce qui se passe en Egypte, le président Marzouki n’y voit aucun risque, soulignant les divergences entre les deux situations. Selon lui, la Tunisie a choisi la voie du consensus et de l’union nationale et ce consensus est exercé au niveau du gouvernement et le dialogue est toujours de mise. «Les tunisiens ont une feuille de route claire, ils savent qu’ils auront une Constitution dans les semaines à venir et des élections dans les mois qui suivent», explique-t-il pour marquer la différence avec l’Egypte.

La troisième et dernière question de cette conférence de presse fût à l’adresse de François Hollande sur ses conditions à une éventuelle aide armée à l’opposition syrienne. Le président français admet qu’il existe bel et bien des conditions ; la première est de former une opposition unie et retrouver une voix unifiée, la seconde consiste à se démarquer et s’éloigner clairement des groupes extrémistes. «Nous ne pouvons pas laisser des aides financières, matérielles et militaires tomber aux mains de ses groupes», reconnait-il.

La conférence de presse fût extrêmement brève, avec à la clé uniquement trois questions dont une seule relative à la Tunisie mais qui concernait tout de même le scenario égyptien et ses répercussions sur la Tunisie. Les journalistes sont restés sur leur faim.

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