Tunisie – Vers une loi de finances complémentaire en 2013 ?

Elyes FakhfakhM. Elyes Fakhfakh, ministre des Finances, a tenu hier une conférence de presse dans laquelle il a fait le point sur la situation économique et les finances publiques de la Tunisie.

Des indicateurs décevants

Il a annoncé une croissance réalisée au premier trimestre 2013 de 2.5%, et une certaine stabilité des recettes fiscales qui ont progressé de 0.7%. Rappelons que la loi de finances tablait sur une croissance de 4.5% et une progression de 13% des recettes fiscales (sur l’année). Par ailleurs, le conseil d’administration de la Banque centrale (BCT) a revu à la baisse les prévisions de croissance pour 2013 de 4.5% à 4%.

Tension sur les ressources

A ces recettes fiscales en deçà des prévisions, se rajoute une tension sur les ressources non fiscales. Ainsi, le ministre a confirmé le retard que prend l’émission des sukuks islamiques. En effet, la loi de finances tablait sur une mobilisation de 1 milliard de dinars de recettes par l’émission de sukuks ; une émission encadrée par une loi, dont le projet de loi 87/2012 (antérieur à celui du budget) est toujours en stand-by à l’assemblée 6 mois après son dépôt. M. Fakhfakh a déclaré que l’état tunisien a changé le statut du prêt FMI, initialement prévu juste comme une ligne de crédit de précaution, pour pallier à un probable retard des sukuks.

 Des dépenses supplémentaires imprévues

Le ministre a annoncé aussi un dérapage des dépenses de la caisse de compensation en 2012. Ainsi, pour 3.2 milliards de dinars prévus, les dépenses ont atteint 3.6 milliards DT comptabilisés dans le budget 2012, auxquels il faut rajouter 700 millions DT reportés sur l’exercice 2013. 700 M DT imprévus tout comme les 400 millions de dinars nécessaires à la recapitalisation des banques publiques.

Les limites de la loi de finances 2013

Il s’avère donc que la loi de finances 2013 se basait sur des hypothèses de croissances et de recettes revus depuis à la baisse. De plus, le budget de l’Etat doit affronter des dépenses non prévues initialement. Tout pousse donc à croire en l’imminence d’une loi de finances complémentaire au second semestre. Le ministre avait avoué l’éventualité d’une telle piste dans un point presse mi-avril.

Rappelons que le budget initialement prévu pour 2013 s’élève à 26692 millions de dinars, dont 6717 millions de dinars de dettes (25.16%).

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