L’Allemagne a formé la Tunisie aux techniques de surveillance sur Internet

L’Allemagne a formé la Tunisie aux techniques de surveillance sur Internet

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cybercriminalitéL’Office fédéral allemand de police criminelle (BKA) a formé plusieurs pays du printemps arabe à la surveillance de l’Internet. C’est ce que vient de révéler le gouvernement allemand à travers une enquête.

Des cycles de formations ont été assurés en Tunisie et en Egypte peu avant les soulèvements.
Les services de sécurité égyptiens, jordaniens, saoudiens, algériens, marocains, mais aussi tunisiens ont bénéficié de ces séminaires entrant, à l’époque, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le moyen par lequel les gouvernements en place légitimaient ce genre de formations, soutiens matériels et autres logiciels d’analyses.

Ainsi, la « police judiciaire » tunisienne, à titre d’exemple, a bénéficié de cours «tactiques» en mai 2008 et la « Direction de la Sécurité Extérieure » a été formée à « l’évaluation de l’open source Internet dans le domaine du terrorisme international » en novembre 2010.
Les services de sécurité égyptiens, algériens, jordaniens, marocains et saoudiens ont tous bénéficié de formations.

Selon cette enquête, il est fort probable que l’Office fédéral allemand de police criminelle ait enseigné l’utilisation des outils d’espionnage numérique. Dans le cadre de cette formation sur la «cybercriminalité», la Tunisie aurait même reçu plusieurs versions de logiciels de surveillance.

Aujourd’hui, les autorités allemandes ne semblent pas se soucier, outre mesure, des risques que peuvent comporter une assistance à l’espionnage sur internet, affirme le site Netzpolitik. La coopération de l’Allemagne avec les pays du Printemps arabe s’est même intensifiée après les révolutions.

Il y a quelques semaines, le ministère des Affaires étrangères a annoncé que toutes les forces de police et les agences de renseignement du ministère de l’Intérieur fédéral participeraient à la «rénovation» de l’appareil de sécurité tunisien.

Netzpolitik parle d’une soi-disant « réforme du secteur de la sécurité » dans le cadre d’un «partenariat» entre l’Allemagne et la Tunisie. Ce partenariat inclurait la fortification de la lutte contre l’émigration clandestine, la détection de la contrebande de drogue, le trafic de véhicules ou le recrutement des agents de police. D’autres ateliers s’articuleront autour de l’amélioration de l’enquête criminelle qui comprend la criminalistique numérique sur des preuves tracées dans les téléphones mobiles, les ordinateurs et les supports de stockage.

La contribution allemande à la « réforme du système de sécurité » tunisien, a suscité des interrogations en rapport avec la démocratisation des pays du printemps arabe. Des ateliers d’écoutes des téléphones mobiles et de téléphonie sur Internet pour le compte de l’UE sont nécessaires pour soutenir la « réforme du système de sécurité » et pour « l’échange d’informations et d’assistance technique ».

Et il n’est pas sans savoir que l’utilisation de « la collecte, le stockage, le tri, le contrôle de l’Internet et toutes les techniques de surveillance des téléphones mobiles et la téléphonie par Internet font encore et toujours grincer des dents en Tunisie.

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