35 candidats seulement pour la nouvelle ISIE : le désaveu !

ISIELes citoyens ne sont pas accourus pour présenter leurs candidatures pour la future Instance Supérieure Indépendante pour les Elections. En effet, et alors que le délai pour le dépôt de candidature à cette Instance s’est achevé aujourd’hui, seulement trente cinq personnes se sont proposées pour en faire partie.
En fait, la loi organisant l’ISIE du 20 décembre 2012 s’attendait à un flux de demandes parmi lesquelles une commission spéciale auprès de l’Assemblée Nationale Constituante devait opérer un premier choix comportant 36 candidats, 4 de chaque catégorie de spécialistes prévus par le texte. Il s’agit d’un juge judiciaire, un juge administratif, un avocat, un huissier, un universitaire, un ingénieur spécialisé en sciences informatiques, un spécialiste en communication, un spécialiste en finances publiques et un représentant des Tunisiens à l’étranger.

Aujourd’hui, les questions qui se posent sont multiples principalement, les causes de ce retrait des citoyens et la manière d’y remédier.
Il est clair qu’une grande crise de confiance dans les prochaines élections et une suspicion certaine se sont installées depuis quelques mois parmi les citoyens quant à la tenue d’élections libres, sincères et transparentes. Il faut avouer que les pratiques administratives des nouveaux gouvernants et les nominations réalisées à tous les étages de l’administration n’augurent rien de bon de ce côté-là. Cette méfiance s’est d’autant plus amplifiée que l’ancien président de l’ISIE, M. Kamel Jendoubi, qui bénéficiait d’un capital confiance inestimable auprès de l’ensemble de l’opinion publique nationale a été écarté d’une manière peu cavalière par la troïka au pouvoir alors que celle-ci avait semblé son aval quant à sa reconduction.

De plus, M. Kamel Jendoubi a vertement critiqué la nouvelle ISIE mettant, non sans raison, en doute sa marge de manœuvre, son autonomie et sa capacité à mener à bien sa mission. On peut même dire qu’il s’agit d’un vote de défiance contre cette ISIE et un franc désaveu aux gouvernants actuels.
Il faut aussi dire que certaines conditions prévues dans la loi ont beaucoup freiné les candidats potentiels comme cette condition d’âge pour faire partie du comité directeur de l’ISIE. La loi exige que le candidat puisse être au moins âgé de trente cinq ans, ce que certains citoyens remettent en cause appelant à le faire abaisser. Ainsi, les jeunes, qui ont été derrière la révolution tunisienne, se sont trouvés exclus de participer à l’ISIE.

Actuellement, l’ANC et sa commission de sélection des candidatures sont amenées à proroger les délais de dépôt de ces candidatures dans l’espoir de voir d’autres citoyens se proposer à se présenter. Le président de cette commission a parlé ce soir de prolonger la date du dépôt d’une dizaine de jours supplémentaires (jusqu’au 14 mars 2013). Un nouvel arrêté devrait donc être pris dans ce sens pour rouvrir les candidatures.
Mais, les citoyens vont-ils répondre positivement à cette nouvelle extension ?
Difficile de répondre à cette question.

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