Un haut cadre d’Ennahdha responsable du système sécuritaire parallèle, selon Nawaat ?!

Un haut cadre d’Ennahdha responsable du système sécuritaire parallèle, selon Nawaat ?!

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Fethi DammakFin décembre dernier, le site d’information Nawaat postait deux vidéos sur son site. Des vidéos où l’on voit deux personnes, supposément membres d’Ennahdha, et un homme d’affaires Fathi Dammak, discutant clairement et sans détour d’assassinat politique.

Nawaat publie aujourd’hui ses conclusions avec des compléments d’enquêtes. Ces vidéos, ont créés un véritable séisme dans le monde politique et au sein du ministère de l’Intérieur particulièrement, mais jusqu’à ce jour, une seule personne a été interpellée par la police, Fathi Dammak. Les deux autres personnes visibles sur les vidéos, n’ont quant à elles, pas encore été inquiétées et on ne sait toujours pas si elles font partie de l’appareil sécuritaire officiel du pays, selon Nawaat.

Ces deux personnes ont été récemment interpellées, il s’agit de Ali Ferchichi et Belhassen Naccache. Deux membres d’Ennahdha, n’ayant aucune relation avec l’appareil d’Etat (ni service de police, ni des renseignements).
Le visionnage des vidéos montre clairement que Fathi Dammak n’est en aucun cas le cerveau de la bande. C’est plutôt un client en mal de vengeance contre qui un piège a été tendu et qui est tombé pile dedans. Qui est donc le cerveau de l’opération ? Et dans quel but ?

En approfondissant un peu plus son enquête, Nawaat arrive à répondre partiellement à ces questions. Le site d’information affirme qu’un certain Samir membre des LPR était au courant de l’opération et furieux contre Nawaat d’avoir «grillé la cellule». Nawaat a aussi rencontré Ali Ferchichi et Belhassen Naccache, qui ont tout de suite annoncé la couleur en affirmant qu’ils avaient été autorisés par un membre du bureau exécutif d’Ennahdha à rencontrer les journalistes de Nawaat. Lors de cette entrevue, Ali et Belhassen évoquent des «circuits sécuritaires parallèles» en coordination avec le ministère de l’Intérieur.

Agenda (photo - Nawaat)

Nawaat a aussi réussi à identifier l’initiateur de l’opération, Kamel Aifi, dirigeant d’Ennahdha en France, et membre du comité fondateur d’Ennahdha, membre du conseil de la Choura et ami proche de Habib Ellouze.
L’agenda de Fathi Dammak, indique plusieurs rendez-vous avec Kamel Aifi. C’est ce dernier qui aurait introduit Ali et Belhassen auprès de l’homme d’affaires.

Ali et Belhassen déclarèrent au juge d’instruction qu’ils ont démarré les espionnages en écoutant Fathi Dammak parler de liquidations politiques, et c’est par la suite que l’appareil de l’Etat s’y est joint. Ces déclarations contredisent ce qu’ils avaient affirmés auparavant, à savoir qu’une entité spéciale du ministère de l’Intérieur les avait mandatés pour effectuer cette opération.
D’après Nawaat, les deux ont changé de versions après la publication de l’enquête sur le site.

Lors de son auditionn, Fathi Dammak, maintient qu’un piège lui a été tendu. Belhassen et Ali l’auraientt incité à passer à l’acte. Ils auraient joué sur son sentiment d’injustice pour arriver à leurs fins. L’homme d’affaires accuse même les deux membres d’Ennahdha de chantage. Ils auraient essayé de lui soutirer 25.000 Dinars contre les vidéos l’incriminant, affirme Nawaat.

Des révélations qui vont ternir encore plus l’image d’Ennahdha. Cependant, plusieurs questions persistent. Où sont les armes ? Quelles responsabilités dans l’assassinat de Chokri Belaid, clairement menacé dans la vidéo ? Qui d’autre étaient au courant ? Ennahdha ? Le ministère de l’intérieur ?
Quand Nawaat affirme que Belhassen et Ali affichaient leur méfiance à l’égard des appareils sécuritaires d’Etat, la vidéo de Rached Ghannouchi, où il estime que «l’Intérieur n’est pas garantie» résonne encore plus fort. Quand plusieurs politiciens affirment que le ministère de l’Intérieur a été infiltré par Ennahdha, des doutes s’installent, des doutes auxquels le ministère de l’Intérieur devra certainement répondre.

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