Les « islamistes » d’Ennahdha, victimes d’un « abus de langage », selon Moncef Marzouki

Les « islamistes » d’Ennahdha, victimes d’un « abus de langage », selon Moncef Marzouki

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Marzouki interview (photo - yahoo)«La Tunisie a « absorbé le choc » de l’assassinat de Chokri Belaid et va surmonter cette crise» ! C’est, en résumé, les deux principaux messages que le président Moncef Marzouki a fait passer à travers une interview accordée au quotidien français Le Figaro et publiée dans son édition d’hier.

«Il n’y a pas un seul mort,
pas un seul blessé… !»

Dans cet entretien, le président de la République, estime que la Tunisie «a passé cette épreuve sans trop de dommages », en référence à l’assassinat le 6 février de Chokri Belaid. «Le pays n’est ni à feu ni à sang ! Il n’y a pas un seul mort, pas un seul blessé, je touche du bois. Le pays est resté calme dans l’ensemble, même les contre-manifestations se sont déroulées calmement. Nous avons absorbé le choc», constate le président !

Le modèle US

Interrogé sur la future Constitution, Moncef Marzouki se déclare foncièrement pour un « régime mixte », afin «d’empêcher tout retour à la dictature ou à un Premier ministre trop dur», juge-t-il.
Le président de la République donne un aperçu de ce que devrait être, selon lui, la future fonction de Chef de l’Etat. «Le prochain président de la République ne doit pas faire plus de deux mandats, il ne doit pas avoir d’immunité une fois que son travail est fini, et il doit être capable d’être destitué comme aux Etats-Unis par une procédure d’empeachment», selon lui.

Ennahdha et « l’abus de langage »

Mais Marzouki, comme il a l’habitude de le faire avec les médias français, a critiqué la mauvaise image donnée à la Tunisie, vue de l’étranger et plus particulièrement de France, estimant que cette image est faussée et ne reflète pas la réalité.
Il a par ailleurs mis en garde contre l’emploi du mot « islamiste » au sujet d’Ennahda, qui selon lui, n’est pas un parti islamiste mais un parti conservateur qui a bien été élu par le peuple et dont la démarche est compatible avec la démocratie. «Je vois les journaux français parler des « islamistes » qui gouvernent la Tunisie, et utiliser le même mot pour parler des insurgés du Mali c’est un abus de langage !».

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