Démission de Lotfi Zitoun : l’opération «Jebali game over» rentre dans sa phase finale

Ghannouchi-ZitounEn football, la démission «claquage de porte» de Lotfi Zitoun s’apparenterait à une passe téléphonée, le genre de passe dont la trajectoire est facile à deviner par l’adversaire. Le fougueux «second» couteau de la planète «Ghanouchie», tel un poisson pilote en cyclisme, est en train de ramener son leader en pôle position pour abattre définitivement un Hamadi Jebali, plus tellement docile et se rêvant à incarner le leader incontesté et «unique» de la majorité parlementaire.

Cette décision du conseiller politique du Chef de gouvernement consistant à quitter sa fonction aurait beaucoup soulagé Hamadi Jebali si elle avait été prise il y a quelques mois. En effet, il est de notoriété publique que monsieur Zitoun, fidèle parmi les plus fidèles du leader historique d’Ennahdha, était en quelque sorte «l’œil» de ce dernier à la Kasbah, l’homme qui avait pour mission de marquer à la «culotte» le Chef du gouvernement. En démissionnant avec fracas, non sans avoir distillé au passage quelques piques au Premier ministre, le «lieutenant» attitré du cheikh transmet, de par son geste, un message clair au désormais très «autonome» Hamadi Jebali, à savoir que «tes jours à la Kasbah sont désormais comptés».

Pour reprendre une métaphore tirée de la corrida, la démission-pique de Lotfi Zitoun relève du travail du picador. Ce dernier, en plantant ses banderilles, commence le travail de sape consistant à fatiguer le taureau et préparer la venue dans l’arène du matador. Une fois ce travail accompli, le vieux matador sur le retour, le sieur Ghanouchi fera son entrée, ballotera par un travail de cape le combatif Jebali à droite à et gauche, le fatiguera d’avantage et enfin portera l’estocade finale. Une symbolique mise à mort politique de son compagnon de toujours, devenu entre temps un potentiel danger pour un leadership du cheikh  jusque-là jamais contesté…

Au moment où le très accrocheur Jebali s’écroulera, un énorme ollé jaillira des tribunes, mélangeant pèle mêle les voix des ultras de la «Ghanouchie», les «retourneurs» de «convictions» alléchés par les strapontins ministériels et les fadas salafistes très remontés par les pratiques déviantes du gouvernement Jebali.
Ainsi va la politique, Jebali ne voulant pas être Brutus finira par être mangé par le stratège Ghanouchi, qui en politique, n’est pas ce qu’on peut designer comme un sentimental, loin de là, pourrions-nous affirmer sans grand risque de se tromper.

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