Beji Caid Essebsi : «Soumettre la question du remaniement à l’ANC ne fera qu’aggraver la crise…»

BCEA l’occasion du 1er anniversaire de l’initiative de Beji Caid Essebsi portant création de Nidaa Tounes, une manifestation s’est tenue aujourd’hui, au Palais des Congrès à Tunis sous le signe de «journée ouverte».

A l’ouverture de cette journée, Caid Essebsi a prononcé un discours au cours duquel il a fait part du renforcement de la coalition par son élargissement au Parti Travailliste et au Parti Socialiste de Gauche.

Il a déclaré, dans ce même cadre, que la coalition avec Al Massar sera officiellement annoncée ce mardi 29 janvier 2013. En conséquence, l’alliance fomentée par Nidaa Tounes sera composée de cinq formations politiques.

Selon Caid Essebsi, cette coalition vise à instaurer un équilibre au niveau du paysage politique, dominé au lendemain des élections du 23 octobre 2011 par un seul parti. Il a ajouté que l’émergence d’autres coalitions à l’instar du Front populaire et de l’Alliance démocratique ne sera que bénéfique sur l’échiquier national.

Concernant la crise politique, caractérisée par le blocage du dialogue qui a conduit à l’échec des démarches relatives au remaniement ministériel, il a fait observer que la soumission de la question à l’Assemblée Nationale Constituante ne fera qu’aggraver la crise puisque rien ne garantit le consensus entre les députés.

Beji Caid Essesbi estime que la sortie de la crise dépend plutôt d’une feuille de route conçue d’un commun accord entre tous les protagonistes sur la scène politique pour garantir l’organisation des élections dans les meilleurs délais et conditions. Et tout d’abord, il est fondamental d’élaborer le texte de la Constitution sur une base consensuelle tenant compte des spécificités du pays et des aspirations des Tunisiens. Il a ensuite mis en garde contre la violence politique qui ne peut que fausser le jeu électoral.

Sur le plan économique, Caid Essebsi relève que le recours à l’endettement auprès du FMI pour financer le Budget de l’exercice est de nature à hypothéquer l’avenir du pays pour une longue période en vertu de l’accentuation du taux d’endettement pour atteindre les 50%.
Selon lui, le gouvernement aurait dû axer sur la préservation des ressources et la réhabilitation des secteurs sinistrés.

Il a cité, à ce titre le secteur des phosphates et des produits chimiques dont les difficultés sont liées aux mouvements sociaux qui paralysent l’activité. Il a également cité le secteur du tourisme qui a sombré dans une léthargie inquiétante depuis l’attaque de l’ambassade américaine et la prolifération du danger salafiste.

Au sujet du projet de loi sur l’exclusion, Caid Essebsi a rappelé que ce projet est illicite et contraire aux conventions internationales ratifiées par la Tunisie, interdisant les sanctions collectives et la discrimination. Une fois promulguée, cette loi fera de la Tunisie le quatrième pays dans le monde à pratiquer l’exclusion après l’Allemagne nazie, l’Afrique du Sud sous le régime de l’apartheid et Israël. S’il doit y avoir exclusion, poursuit-il, ce sera celle de la milice du parti majoritaire au pouvoir qui agit sous le faux nom de la ligue de protection de la révolution pour s’attaquer à l’opposition et à la société civile.

Concernant la situation au Mali, Beji Caid Esssebsi soutient l’intervention Onusienne dans ce pays attaqué par des terroristes de différentes nationalités, précise-t-il.
En conclusion de son intervention, Caid Essebsi a affirmé qu’il ne doute pas de la sincérité du chef du gouvernement à faire avancer le processus transitionnel dans le sens escompté et à résoudre les problèmes posés. Seulement, il pense qu’il est handicapé par la politique hégémonique de son parti qui l’empêche de trouver les solutions qu’il faut.

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