Marzouki convaincu de la poursuite des attaques et des provocations d’ici les élections

Dans une interview accordée à la chaîne Tunisie Télévision 1 et à la radio nationale, le Président de la République s’est exprimé sur la situation actuelle du pays et principalement sur le contexte politique actuel.

En tant que Chef de L’Etat, Moncef Marzouki estime qu’il est en train de jouer son rôle de médiateur pour dire qu’il a mis toutes les parties politiques face à leurs responsabilités. Cette phase exige, en effet, une stabilité politique sans faille qui doit se traduire par une entente nationale rassemblant toutes les tendances politiques, selon lui, en rejetant toute idée d’exclusion.

C’est le principal message que Marzouki a diffusé à destination des politiques non sans avoir lancé un avertissement. Car, selon lui, les Tunisiens sont en train de s’impatienter et si les élections ne sont pas tenues entre la période allant de juin à octobre, la Tunisie risquerait bien de sombrer dans l’anarchie (politique s’entend).

Le Président avoue toutefois que tout ce qui est actuellement en train d’être réalisé est compatible avec les attentes des Tunisiens, signifiant que durant cette période transitoire, l’Assemblée nationale Constituante, la Troïka et le gouvernement ne « chôment » pas et que par conséquent, le pays est sur la bonne voie en ce qui concerne l’instauration d’un nouveau système de gouvernance qui fera de la Tunisie un modèle du genre. Reste que tout cela va trop lentement ce qui a découragé les Tunisiens, selon sa propre évaluation de la situation.

Sur un autre plan qui préoccupe également les Tunisiens, Marzouki donne une vision optimiste de la situation en affirmant qu’il n’y a pas de danger extérieur qui menace la Tunisie, en référence à la sécurité à nos frontières et à l’entrée clandestine d’armes. Pour Marzouki, nos forces de sécurité restent mobilisées. Il a, par ailleurs, relativisé les problèmes sécuritaires intérieurs en estimant qu’en rapport avec l’ère Ben Ali, le taux de criminalité a baissé en Tunisie.

Cependant, il a affirmé être à l’écoute des préoccupations des Tunisiens à ce sujet. En recevant des responsables salafistes et les dirigeants des ligues de protection de la révolution, Marzouki affirme avoir pris ses responsabilités en les avertissant qu’il y a une ligne rouge à ne plus dépasser.

Ceux qui sortiront du cadre de la loi, comme ce fut le cas à de nombreuses reprises et jusqu’à hier soir avec l’incendie du mausolée de Sidi Bou Said, seront punis par la loi. A ce propos, le Chef de l’Etat a affirmé ne pas avoir été surpris par ce qui s’est passé à Sidi Bou Said, précisant même qu’il s’y attendait (à la veille d’un 14 Janvier) sans savoir où aurait lieu l’incident. Il a qualifié ces actes de vandalisme de provocations et s’est dit convaincu que ces provocations allaient se poursuivre au cours de ces 6 ou 7 mois qui nous séparent des élections.

Le président a expliqué ces actes comme des accrocs provenant de parties qui ne souhaitent pas que la Tunisie parvienne aux élections. Dans un message adressé aux Tunisiens, Marzouki s’est déclaré optimiste en affirmant qu’on va y arriver et même que d’ici cinq ans, la Tunisie aura retrouvé une stabilité sur tous les plans.

A la question de savoir s’il compte se présenter à sa propre succession, Marzouki a expliqué qu’il était encore trop tôt pour répondre et que sa décision ne sera annoncée qu’un mois avant les élections présidentielles.

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