Trois présidents et une marmite !

Un dîner au Palais de Carthage, la présence des trois présidents à l’Assemblée nationale Constituante, l’initiative d’Ahmed Ben Salah, tout est bon pour apaiser les tensions et réconcilier les parties fâchées.

C’est que la « guerre » déclarée entre l’UGTT et le gouvernement a inexorablement dévié et risque même de faire chavirer tout un pays. Dans tout ça, les affrontements devant le siège de l’UGTT, le 4 décembre dernier, les grèves régionales du 6 décembre et l’annonce d’une grève nationale le 13 décembre prochain, ne sont que des buts marqués dans la cage adverse et c’est à qui remportera le match au détriment de tout.

Pour l’heure, les deux parties campent sur leurs positions et bien que des négociateurs tentent d’apaiser les tensions, n’aurait-il pas fallu prendre le taureau par les cornes dès le début ? A croire, comme le pense la majorité des Tunisiens, que nos trois présidents ne réagissent que lorsque la marmite explose alors que celle-ci bouille depuis le 14 Janvier 2011.

Une fois encore, ils seront là pour éteindre l’incendie à l’occasion d’une séance plénière exceptionnelle de l’ANC, dimanche 9 décembre.
Les trois présidents, sous le regard de nombreux autres invités de la scène politique tunisienne et internationale, des ambassadeurs, des représentants de la société civile, etc., tenteront de redorer l’image de cette Tunisie marquée par la violence, depuis le début de la semaine.

Y parviendront-ils sachant que les premières tentatives ont échoué… Jusqu’à présent… ?
Après avoir reçu tour à tour le secrétaire général de l’UGTT Houcine Abassi et le leader du d’Ennahdha Rached Ghannouchi dans une tentative d’apaisement et de réconciliation entre la centrale syndicale et le parti au pouvoir, Moncef Marzouki a tenté de faire asseoir toutes les composantes de la société politique à un dîner au Palais de Carthage.

Certains ont accepté, d’autres ont refusé !
Chokri Belaïd et Hamma Hammami, dirigeants du Front Populaire ont décidé de « boycotter » ce dîner de réconciliation entre les représentants des partis politiques à cause de la présence de Rached Ghannouchi.

Selon eux, le leader d’Ennahdha incite à la discorde et défend ceux qui pratiquent la violence contre les Tunisiens.
Que des personnalités défilent au Palais de Carthage, qu’elles s’expriment sur la dissolution des ligues de protection de la Révolution ou qu’elles défendent ceux qui ont attaqué les syndicalistes, qu’elles parlent de milices ou qu’elles assimilent l’UGTT au RCD, elles auront manifestement participé à noircir le tableau.

Dans leur tentative de réconcilier tout le monde, Marzouki mais également Jebali et Ben Jaâfar tenteront de sauver ce qui reste à sauver attendu que, pour l’heure, l’UGTT n’a nullement l’intention de faire marche arrière et qu’Ennahdha n’a nullement l’intention de satisfaire aux demandes de Houcine Abassi à savoir, et c’est la plus importante, dissoudre les ligues de protection de la Révolution, considérées comme des milices ou le bras armé d’Ennahdha par l’opposition.

Ahmed Ibrahim, président d’Al-Massar, met le doigt sur un point essentiel au sujet de ces ligues. Sont-elles des milices au service d’un parti politique, ou alors est-ce Ennahdha qui est politiquement à leur service ? Estime-t-il en signalant que c’est là un point dangereux !

Reste enfin l’initiative d’Ahmed Ben Salah.
Le syndicaliste et ancien ministre a souligné à l’issue de sa réunion, vendredi 7 décembre, avec le secrétaire général de UGTT, Houcine Abassi, que son initiative de réconciliation entre l’organisation syndicale et Ennahdha était reportée jusqu’à l’apaisement des tensions entre les deux bords.
Qui vivra verra !

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