Vers la semaine de 5 jours et probable confirmation de la séance unique

Dans une déclaration faîte ce matin à la chaîne de radio nationale, le chef du cabinet du ministre chargé de la réforme administrative, Mohamed Zouheir Hamdi, a annoncé qu’après le 15 septembre, le nombre de jours de travail dans l’administration, les établissements et les entreprises publiques s'étalera du lundi à vendredi. Désormais, les samedis seront des journées chômées et payées pour les fonctionnaires et agents de l’Etat. L’aménagement en vue, pourra également, toucher les horaires de travail en instaurant la séance continue qui pourra être de 8 heures à 14 heures sauf les vendredis où ils prendront fin à 13 heures pour les besoins de la prière du vendredi.

Le chef du cabinet a expliqué la décision de prorogation de la séance unique au 15 septembre par les travaux en cours se rapportant à ce nouvel aménagement qui nécessite des textes d’application et des mesures d’accompagnement. Il s’agit, d’après le chef du cabinet, d’une décision prise exceptionnellement pour cette année pour préparer le terrain à cet aménagement qui pourra être étendu au secteur privé dont les représentants pourront exiger le même traitement.

Hier, à l’annonce de la décision relative à la prorogation de la séance unique au 15 septembre, les fonctionnaires et les employés dans les secteurs publics et privés se sont réjouis de cette décision qui va leur permettre de profiter encore de la saison estivale après le mois de ramadan surtout que la canicule semble ne pas prendre du répit. Mais les experts et certains observateurs mettent en garde contre les effets qu’elle peut avoir en cette période où la rentabilité est à son plus bas niveau et le taux de croissance est peu suffisant pour relever le défi de l’emploi et du développement régional.

La séance unique est-elle bénéfique ?
En nous en tenant à cette analyse qui s’appuie sur des thèses et des suppositions, on est tenté de dire que l’institution de la semaine des 5 jours et de la séance continue durant toute l’année sera désastreuse sur l’activité économique, notamment, en cas de son application au secteur privé. Le ministre démissionnaire, Mohamed Abbou, qui a initié la réforme, a indiqué  que la réussite de l’expérience dépend de l’amélioration de la rentabilité et de la baisse du taux d’absentéisme qui est d’une proportion inquiétante.

Il se trouve, cependant, que la productivité ne dépend pas seulement du volume horaire. Bien au contraire, imposer un volume horaire élevé est de nature à rejaillir sur les capacités intellectuelles et physiques. Cela peut se traduire, en conséquence, par un fléchissement de la productivité. Dans ces cas, les experts recommandent de faire baisser le nombre d’heures de travail aussi bien pour préserver la santé de l’employé et du fonctionnaire que pour éviter à l’entreprise des charges inutiles lorsque la machine tourne en rond ( consommation de l’eau, de l’électricité et du téléphone).

Réduire les dépenses est, d’ailleurs, l’un des plus importants arguments avancés par les partisans de la séance unique. Mais il ne s’agit pas du seul argument mis en avant. Dans plusieurs pays occidentaux, du moyen orient et du golfe, le nombre d’heures et de journées de travail est inférieur aux horaires pratiqués en Tunisie et pourtant la rentabilité dans la plupart de ces pays est de loin meilleure. L’explication se trouve dans les conditions matérielles de travail, la disponibilité des moyens et l’épanouissement des ressources humaines.

Ainsi, contrairement à certaines analyses, la séance unique ne peut être que bénéfique pour l’économie nationale et la société à condition qu’elle soit correctement appliquée et que des mesures particulières soient prises pour assurer la continuité des services de base et des services vitaux.

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