Quand les alliés sont privilégiés au détriment de l’intérêt national !

Quand les alliés sont privilégiés au détriment de l’intérêt national !

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Contrairement à ce que l’on pouvait, et à ce qu’on devait, attendre de gouvernants légitimes issus d’une révolution qui s’est faite notamment contre l’opacité, la corruption et l’ignorance des procédures légales, le gouvernement actuel de la Troïka ne brille pas par la transparence de ses transactions à caractère économique ou financier surtout, celles traitées avec les amis, et alliés, qataris.

En effet, l’Association Tunisienne pour la Transparence Financière (ATTF), dirigée par le docteur Sami Remadi ne mâche pas ses mots et envoie des épines d’une pertinence réelle envers le gouvernement relativement à de récents accords conclus en contradiction avec les procédures habituelles et légales pour ce genre de transactions et avec les principes de transparence exigés dans toutes les démocraties qui se respectent.

L’ATTF considère, dans un communiqué repris apr plusieurs médias internationaux à l’instar du quotidien « Les Échos », que ces pratiques du gouvernement dirigé par les Islamistes rappellent les pratiques du régime déchu, celles-là mêmes contre lesquelles le peuple tunisien s’est insurgé.

Dans son communiqué, l’Association en question souligne « Au vu de la multiplication d’actes aléatoires qui nous rappellent les pratiques de l’ancien régime, notre association se trouve offensée par la légèreté avec laquelle nos gouvernants gèrent les biens et l’argent du contribuable. »

Pour étayer ses dires, l’Association cite quelques exemples de cette absence totale de transparence dans la gestion de ces dossiers.

Elle évoque tout d’abord la « renaissance » du mégaprojet touristique « Diar Qatar » dans le gouvernorat de Tozeur qui s’est concrétisé par la cession d’un espace d’une superficie énorme qui ne pourrait avoir que des conséquences dramatiques sur l’écosystème et l’agriculture de la région. En effet, et connaissant déjà le grand problème de la rareté de l’eau à Tozeur, il est indéniable qu’un pareil projet ne peut que mettre en péril ses grands équilibres sociaux, économiques et écologiques. Ce projet qui va servir au divertissement de quelques princes férus de chasse dans la région, par ailleurs dénoncée par plusieurs associations de protection de l’environnement sans que le gouvernement ne les écoute, causera certainement des dégâts irréparables à la nature et aux hommes.

Elle cite aussi la cession de gré à gré, c’est-à-dire un accord entre deux parties qui discutent et négocient les termes du contrat, par le gouvernement tunisien de la raffinerie de la Skhira à la société Qatar Pétroleum sans que cette transaction fasse l’objet d’un appel d’offres international comme cela est obligatoire pour de tels accords. Autrement dit, le gouvernement n’a pas respecté en la matière les procédures légales encore en vigueur et cela ne peut être interprété que comme une affreuse légèreté et une méconnaissance des règles économiques internationales les plus élémentaires. Sans oublier qu’il s’agit d’une dilapidation des biens publics en catimini !

L’Association parle en troisième lieu du cas de la mine de phosphate de Sra Ouertane, près de la région de Djerissa, dont les réserves sont estimées à plus de dix milliards de tonnes. Au lieu de créer une société publique pour l’exploitation de cette richesse naturelle qui pourrait rapporter énormément d’argent à l’État et concourir à la prospérité de la région, voilà qu’ion cède son exploitation à une société qatarie ! À ce propos, il faut rappeler que même le président déchu n’a pas osé passer un accord de gré à gré pour Sra Ouertane et avait lancé un appel d’offres international qui avait intéressé plusieurs grandes entreprises mondiales chinoises, indiennes et brésiliennes.

Le communiqué dévoile enfin l’opacité des comptes du Congrès Pour la République à l’occasion des élections, des dépassements relevés par la Cour des Comptes et qui n’ont valu au CPR qu’une amende de 5.000 dinars, ainsi que celle des rémunérations des députés de l’ANC dont on continue à fabuler sans que l’on sache à combien ils se montent vraiment, les dernières polémiques concernant les indemnités de Mustapha Ben Jaafar et Maherzia Labidi en témoignent.

Apparemment Ben Ali a laissé des réflexes dont les nouveaux gouvernants ne semblent pas pouvoir se débarrasser. A moins que les amitiés, et l’alliance, avec les Qataris paraissent au-dessus des intérêts du pays et de son devenir économique !!!

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