L’avenue Habib Bourguiba renoue avec la violence

L’avenue Habib Bourguiba renoue avec la violence

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Une manifestation était prévue ce soir, dimanche 5 août,  sur l’avenue Habib Bourguiba, le ministère de l’Intérieur n’a pas donné sa permission, mais quelques citoyens ont bravé l’interdiction et se sont rassemblés devant le théâtre municipal. Les policiers les attendaient sur le pied de guerre et l’avenue a encore une fois renoué avec la violence.Voici le témoignage de trois personnes présentes sur les lieux :

Fatma Saidi : « Je suis arrivée à 9 h, il n’y avait que les flics au théâtre, j’ai fait le tour je suis revenue, il y avait encore plus de policiers, j’ai marché, j’ai vu des journalistes puis entendu des slogans plus loin tout le monde s’est précipité : journalistes, rares passants comme moi et surtout les policiers et deux motos ont démarré en zigzaguant.
Vers le théâtre, j’ai entendu un homme qui parlait avec les flics, ils l’ont bousculé on a fait ‘Houuuuuuuuuu’, on a avancé, ils ont chargé avec leurs matraques. Ceux qui ont couru, ils les ont pourchassés. Moi je me suis arrêtée net et j’ai tourné le dos. Je ne sais comment ils ne m’ont pas frappée. J’ai tourné le dos et me suis mise contre une voiture face à l’hôtel l’Internationale, ils sont passés, ils ont pourchassé quelques-uns, policiers et civils.
Un officier disait « ne frappez pas », mais les flics tabassaient…
Le sentiment d’oppression m’a rappelé la période Zaba; quand tu sens qu’il n’y a pas d’ouverture possible, je pensais : comment faire pour crier ?
C’est ça l’oppression dans tous les sens du terme: impossible de respirer ».

Boutheina Ferchiou : »Nous venons d’être agressées par les flics sur l’avenue Habib Bourguiba. Inchirah a vu son portable violemment confisqué par un flic en civil qui lui a crié « Tu n’es pas journaliste » (insulte). Nous étions quatre femmes, nous n’avons pas lâché et nous avons exigé la restitution du téléphone et nous étions au milieu d’une meute de 50 flics. On a criè au voleur, ils ont répondu par des insultes pour finalement nous le rendre. VICTOIRE et vive les femmes ».

Lina Ben Mhenni : »Dix flics se sont acharnés contre moi, j’ai reçu un énorme coup sur la tête, j’ai perdu conscience pendant quelques secondes et c’est à ce moment qu’ils ont profité pour me voler mon appareil photo de mon sac. Puis les coups se sont succédés, 10 flics à me tabasser en même temps, et le comble, c’est que personne n’a volé à mon secours. Je suis encore sous le choc, mais je ne bougerai pas sans avoir repris mon appareil « .

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