Indemnisation des prisonniers politiques: journée de contestation devant l’AC

Moins nombreux que prévu, plus déterminés que jamais à aller plus loin dans la contestation, ceux qui avaient répondu à l’appel de ce jour pour manifester contre le projet de loi portant sur l’indemnisation des prisonniers politiques ont réussi à faire entendre leur voix face à des caméras et des journalistes, qui n’ont pas trouvé de difficulté à recueillir les opinions et les avis.

L’affluence était timide. Ils étaient aux alentours de 300 personnes dont la plupart étaient des jeunes et certains étaient là pour autre chose. Ainsi, on a relevé la présence de syndicalistes représentant le corps des enseignants du primaire, venus protester contre la retenue de 3 jours de salaires suite à la grève qu’ils ont observée au mois de mai dernier. Mais les hommes politiques, qui d’habitude ne ratent pas ce genre d’occasions pour se joindre aux manifestants et s’exprimer à chaud, ont été « aux abonnés absents ».

Les participants considèrent que le militantisme n’a pas de prix et que les militants sincères ne sont pas des mercenaires pour se faire payer en contrepartie de leurs sacrifices et des souffrances qu’ils ont endurées. Ils pensent que le plus urgent dans la phase délicate actuelle que connaît le pays est de trouver des solutions efficaces pour résoudre radicalement le problème des milliers de chômeurs qui commencent à perdre espoir, et améliorer le niveau de vie des nécessiteux qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Ils ne sont pas tous contre le principe de l’indemnisation, mais ils sont unanimes à considérer que le pays n’a pas les moyens d’allouer près d’un millier de milliards pour satisfaire les prisonniers d’opinion en leur servant 20 mille dinars par année de prison.

Certains considèrent que l’indemnisation ne réside pas forcément dans le versement de sommes d’argent. Elle peut être morale à travers la reconnaissance de la bravoure et peut se traduire par des mesures spéciales telles que la prise en charge des frais de soins en Tunisie et à l’étranger des victimes de la torture, la réintégration dans l’emploi et l’octroi d’aide à la réalisation de projets. Pareilles mesures doivent également profiter aux blessés de la révolution et aux familles des martyrs qui n’ont pas encore obtenu gain de cause.

Du début à la fin, la manifestation a été une succession de slogans hostiles au Mouvement Ennahdha et à sa politique qualifiée de banqueroutière, ponctuée par des cercles de discussion et des déclarations aux journaux et aux chaînes de télévision. Quelques altercations sont à signaler, notamment entre un Nahdhaoui qui défendait le projet au nom du droit humanitaire et un jeune barbu qui ne cachait pas son appartenance à la mouvance islamiste radicale. Ce dernier trouvait scandaleux le fait de s’intéresser aux militants de certains mouvements politiques et de tourner le dos aux vrais problèmes de la société.

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