Suite à la démission de Dimassi : les équilibres financiers de l’État ne seraient pas mis en danger !?

La démission du ministre des Finances, M. Hassine Dimassi, et surtout ses déclarations relatives aux raisons qui l’ont amené à cette solution radicale, ont indisposé le gouvernement de la Troïka. Outre l’absence de consultation sur le limogeage du Gouverneur de la Banque Centrale M. Mustapha Kamel Nabli et son remplacement par Chedly Ayari, opération qui s’est fait prendre au moins l’avis de la personne la plus concernée par cette décision, en l’occurrence le ministre des Finances, c’est surtout l’adoption d’une loi qui viendrait dédommager les quelque 12.000 prisonniers politiques recensés, l’ex-ministre a estimé que c’est un chiffre minimum, qui a provoqué l’indignation de la rue et de l’opinion publique. En effet, cette loi serait extrêmement dommageable pour les équilibres économiques du pays et dangereuse pour les finances publiques pouvant nous entraîner dans un gouffre duquel il serait très difficile de s’extirper.

Ce sont surtout les chiffres avancés, plus de mille milliards de nos millimes, qui font grincer les dents des citoyens d’autant plus que ces moyens qui auraient dû être orientés vers d’autres urgences comme le développement régional ou la lutte contre le chômage.

Ces déclarations ont donc poussé le gouvernement à réagir par le biais de son porte-parole et ministre des droits de l’homme et de la transition démocratique, M. Samir Dilou, qui a souligné que ce projet de loi relatif au dédommagement des personnes bénéficiaires de l’amnistie générale était encore à l’étude, et que de toutes les façons son adoption ne se ferait pas au détriment des équilibres budgétaires de l’État.

Cette version a été aussi développée dans le communiqué officiel du gouvernement qui a précisé que ce projet de loi était à l’étude et serait examiné lors du prochain Conseil des ministres.

En fait, le gouvernement n’a donc, en réalité, rien démenti ni clarifié parce que le ministre démissionnaire a souligné que cette loi a été présentée au Conseil des ministres à deux reprises auparavant et qu’elle ferait l’objet d’un ultime examen lors de la prochaine réunion ministérielle. La seule nuance provient du fait que les équilibres globaux seront pris en compte et ne seraient pas mis en danger.

A ce propos, il convient de rappeler que lorsque la rumeur sur l’adoption d’une pareille loi a gonflé dans le pays, elle a provoqué une véritable levée de boucliers que ce soit au sein de l’opinion publique, que dans l’opposition ou même au sien des institutions représentatives comme l’ANC où la question a été soulevée. Et alors que l’on croyait l’idée comme enterrée vu son impopularité ajoutée à la situation économique et financière du pays, la voilà qu’elle refait surface d’une manière inattendue.

Il faut dire que c’est le Congrès d’Ennahdha qui a relancé cette histoire de loi de dédommagement des personnes amnistiées dans la mesure où les congressistes avaient insisté sur son adoption.
Bref, cela rappelle le partage du butin après une razzia…

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