Opinion – Bienvenue Ramadhan, au revoir libre arbitre…

Opinion – Bienvenue Ramadhan, au revoir libre arbitre…

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Les bras armés d’Ennahdha, les Salafistes, nous avaient donné un avant goût de ce qui nous attendait sous le gouvernement Jebali, le gourou Ghannouchi, le metteur en silence  Ben Jaafer et le squatteur du palais, Marzouki.

Les quatre cavaliers, non de l’apocalypse mais les cavaliers de l‘éclipse.  La disparition partielle sinon totale de la société Tunisienne comme  nous l’avions toujours  connue.

Avant de commencer l’endoctrinement officiel,  Ennahdha a eu la lumineuse idée d’agir par étapes : nous terroriser par les porteurs de robes et de barbes, appelés communément les Salafistes. Il serait plus juste de les qualifier d’éclaireurs de l’obscurantisme qui va nous envahir.

Toutes les régions tunisiennes ont connu le vandalisme, les incendies, les bastonnades et même l’instauration d’un califat. Tout cela, sous le regard bienveillant de nos dirigeants qui ont semé la terreur parmi les plus faibles d’entre nous, sans compter les pertes matérielles d’une Tunisie qui suffoque économiquement et dont le taux de chômage atteint des sommets !

Après les événements et le déchainement de la violence aveugle, au Palais Abdellia de La Marsa provoquée par une exposition qui portait très bien son nom « printemps des arts », (ne vous laissez plus abuser, tout ce qui commence par «  printemps » est devenus synonyme  « d’effusions de sang »). Les Salafistes ont disparu,  ils ont regagné leurs quartiers obéissant aux ordres de leurs maitres ! On n’avait plus dès lors enregistré aucun incident.

Les quatre cavaliers ont commencé par nous inculquer, quitte à nous le faire avaler de force à l’aide d’entonnoir, leurs dogmes aussi noirs que leurs drapeaux, que la liberté dépend de la longueur de la chaîne.

D’Abdellia de la Marsa à Abdelli et son one men show, qui déplaît tellement aux forces de l’ordre, que le porte-parole de la direction générale de la sûreté nationale, Mohamed Ali El Aroui, a déclaré qu’ils ne sécuriseront plus aucun spectacle du comédien Lotfi Abdelli. Notre gouvernement exècre la culture sous toutes ses formes. Et exerce la liberté de pression. Sans interdire,  on oblige presque les artistes à abandonner d’eux-mêmes et finir par s’autocensurer, comme au bon vieux temps. C’est assez symptomatique d’un gouvernement malade quand les forces de l’ordre refusent de mettre de l’ordre.

C’est  avec Abdelli que « le passage de témoin » s’est imposé à nous. L’uniforme n’est plus celui du porteur de la robe et de la barbe mais celui des agents au service du ministère de l’intérieur. Il fallait nous donner cet avant goût pour bien escamoter ce qui n’allait pas tarder à suivre.

On entre de plain-pied dans la deuxième étape, mois de Ramadan oblige. Mois de tous les interdits.

La police arbore désormais, une double casquette. Police musulmane pour fermer les salons de thé, restaurants, cafés etc. et interdire l’alcool même en plein ciel à bord de tous les avions comme si le ciel était une conquête musulmane.

Et une police civile pour fermer les clapets des artistes qui ne lui conviennent pas en la laissant sans protection. Vous avez dit un État de droit. Quel Etat ? Quel droit ?

La « talibanisation » rampante gagne nos rues et nos vies, assisterons-nous bientôt à des flagellations publiques, des lapidations, des amputations etc.

Ramadan a permis à ceux qui détiennent le pouvoir de se mettre à nue et ne plus se cacher derrière les Salafistes. Ils donnent des ordres pour nous enfermer dans leur carcan. C’est cela l’islam modéré qu’ils hurlent aux oreilles des pays occidentaux pour qu’ils les soutiennent

Ont-ils jamais pris connaissance de ceci :

La Déclaration universelle des droits de l’homme, fut adoptée le 10 décembre 1948.

Article 18

-Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

En 2012, Ennahdha efface à petite touche et rapidement, le libre arbitre du Tunisien, comme elle a essayé de  l’effacer dans les années 1980 à l’aide de l’acide sulfurique. Il ne s’agit plus de changer de système  politique. Passer de la dictature à la démocratie mais nous anesthésier l’esprit par des litanies et des psalmodies.

Et ma mémoire fait appel à  Kant qui disait :

« Sapere aude! Aie le courage de te servir de ton propre entendement! Voilà la devise des lumières. Paresse et lâcheté sont les causes qui font qu’un si grand nombre d’hommes, après que la nature les eut affranchis depuis longtemps d’une conduite étrangère, restent cependant volontiers toute leur vie dans un état de tutelle; et qui font qu’il est si facile à d’autres de se poser comme leurs tuteurs ».

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