Chedly Ayari sera auditionné par l’Assemblée Constituante avant la ratification de sa...

Chedly Ayari sera auditionné par l’Assemblée Constituante avant la ratification de sa nomination, selon Sahbi Atig

Par M’hamed Ben Sassi -

Après avoir démenti les contacts de son parti avec Mr Ghazi Boulila, directeur général du Centre de recherches et d’études financières et monétaires, pour lui proposer le poste de gouverneur de la banque centrale, Sahbi Atig, président du bloc du Mouvement Ennahdha à l’Assemblée nationale constituante (ANC), a annoncé hier sur le ondes de Shems fm que le futur gouverneur proposé, Mr Chedly Ayari, serait auditionné par l’assemblée nationale constituante au cours de la séance qui sera consacrée au réexamen de la décision du président Marzouki portant sa nomination. Rappelons que cette décision a été renvoyée au président lors de son examen par l’assemblée pour vice de forme liée à la date de sa signature.

D’après Sahbi Attig, l’audition de Chedly Ayari sera de nature à éclairer les députés sur ses choix et la politique monétaire qu’il projette de mettre en œuvre. Il n’a pas précisé si son intervention allait se dérouler sous forme de questions /réponses ou si elle allait se ramener à un exposé de la stratégie envisagée par le futur gouverneur. L’idéal serait de permettre aux membres de l’assemblée de poser leurs questions au candidat et notamment en ce qui concerne son passé politique qui, d’après l’opposition, ne plaide pas en faveur de sa désignation et l’indépendance de la Banque centrale qui est une condition sine qua non pour la préservation des équilibres financiers et monétaires.

Chedly Ayari , en a annoncé la couleur en déclarant au journal le Maghreb dans son édition du 17 juillet 2012 qu’il avait posé comme conditions pour occuper la fonction de gouverneur de la Banque centrale qui lui a été proposée par Mustapha Ben Jaâfar, le respect du principe de l’indépendance de l’Institution. Sur ce volet, il n’est pas tellement loin de son prédécesseur à moins qu’il s’agisse d’une simple déclaration pour ne pas être accusé d’être le bras exécutif du gouvernement.

Dans une autre déclaration faîte tout dernièrement à Shems fm, il a indiqué qu’il entendait faire le point quant aux arguments présentés par Mustapha Kamel Nabli et ceux avancés par le gouvernement pour le limoger et ce, après examen de la situation de la banque et du marché. II a ajouté dans la même déclaration qu’il prévoyait d’entreprendre les réformes qu’il juge nécessaires pour redresser la situation du secteur et mettre fin à la corruption qui y sévit.
L’audition du futur gouverneur de la banque centrale constitue une jurisprudence dans les annales de l’assemblée constituante, depuis l’intervention en séance plénière de Mustapha Kamel Nabli le 18 juillet 2012. Cette démarche ne peut être que louable dès lors qu’ elle vise à édifier sur les orientations à entreprendre par le nouveau patron de la BCT.

Cependant, elle ne peut être efficace que si les députés en tiennent compte et statuent en connaissance de cause plutôt que de se limiter aux instructions de leurs partis qui font prévaloir le politique sur l’intérêt général.

Cette appréhension est suggérée par la tendance du vote relatif à la révocation de l’ancien gouverneur de la banque centrale qui a séduit par la portée magistrale de son intervention et la pertinence de ses arguments mais qui n’est pas parvenu à convaincre la majorité parlementaire dont les représentants n’ont fait qu’exécuter les consignes. Ces derniers, dans leurs interventions qui ont suivi celle du gouverneur ont pourtant reconnu explicitement sa compétence et ses qualifications à l’échelle nationale et internationale.

Le début de la semaine prochaine sera l’heure de vérité pour confirmer ou infirmer cette appréhension sachant que le CV de Chedly Ayari n’a rien de particulier par rapport à celui de Mustapha Kamel Nabli qui était son étudiant à part l’antériorité du diplôme , que la corruption dans les banques publiques et privées ne date pas d’aujourd’hui et ne peut pas être combattue du jour au lendemain et que l’efficience de la politique monétaire dépend de l’équilibre du marché financier qui est fondamental pour prémunir le pays contre les dérapages inflationnistes.

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