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Adel El Almi, fondateur de la police religieuse, met en garde les non jeûneurs !

Par M’hamed Ben Sassi -

L’accalmie observée depuis l’affaire du palais d’EL ABDLELLIA  n’aurait été que de courte durée. En effet, les Salafistes ont repris leurs « activités » violentes contre la société civile depuis la semaine passée en agressant physiquement  Ahmed Nejib Chebbi , Président du haut comité politique du Parti Républicain, alors en tournée à Ghardimaou,  et se préparant à faire de même avec Khalil Zaouia, ministre des affaires sociales, qui a dû renoncer à  l’inauguration du local de son parti « ETTAKATOL »  à Béjà et à la tenue d’un meeting prévu à cette occasion.

Le prochain  épisode dans la série de la violence salafiste vient d’être annoncé par Adel El Almi, fondateur de l’association Centriste de Sensibilisation et de Réforme (Al Jamiâa Al Wassatia Li Tawiâa Wal Islah) que certains qualifient de police religieuse.  A l’approche du mois du Ramadan, le prédicateur annonce un programme qui n’a rien à voir avec la cherté de la vie, la défaillance des prestations publiques ou l’animation des  veillées ramadanesques . Son  programme cible  les non jeûneurs.

Il ne s’agit pas de leur prodiguer des conseils ou de les sensibiliser mais de leur interdire carrément l’enfreinte à la règle du jeûne. Pourtant et dans une déclaration au  journal « Le Point .fr » en date du  8 février 2012,  Adel El Almi a dénoncé les actes de violence commis au nom de l’Islam en précisant que la  mission de son association consiste à « dire aux gens, de manière pacifique, que nous sommes dans un pays musulman dont il faut respecter les valeurs ».

« Oubliant » cette déclaration livrée à un média étranger, le patron de la « police religieuse »  met en garde les non jeûneurs. Qu’ils aient ou non des raisons les autorisant à ne pas pratiquer le jeûne, ils doivent éviter de le montrer en public pour éviter les foudres salafistes.

Au fait, ce n’est pas la première année où la question divise les tunisiens. Mais venant de la bouche de cet homme qui n’a pas caché son hostilité à toute forme de non-conformité à la loi religieuse et sa détermination à lutter contre les comportements et les actes jugés en violation avec la CHARIAA, ces propos signifient que les Salafistes sont déjà sur pied de guerre contre les non jeûneurs. Cette « guerre » est déclarée également aux restaurateurs et   cafetiers qui s’aviseraient à accueillir ou à servir les non jeûneurs pendant les heures d’abstinence.

Quant à l’impact que pourrait avoir sur le tourisme la fermeture des établissements et l’interdiction de la consommation en public durant le mois saint, le patron de la police religieuse a fait savoir que les membres de son association sont entrés en  discussion  avec les touristes pour les convaincre du bien-fondé de ces mesures  sur le plan moral.  Ces derniers se sont montrés compréhensifs.  Mais, et en réalité, ils ne peuvent afficher une autre attitude face à des barbus qui  proposent un modèle de société désuet basé sur l’intolérance et le rejet de l’autre.

Adel El Almi, a appelé, par ailleurs, les autorités à appliquer la loi qui d’après lui prévoit des sanctions pénales contre les non jeûneurs. Seulement, cette loi n’existe que dans sa tête  puisque aucune disposition légale dans ce sens n’est prévue.

En revanche, s’il y a une loi qu’il faut appliquer, c’est celle qui interdit la violence à l’encontre des personnes et l’atteinte à l’ordre public dont  les Salafistes sont passés maîtres en s’y adonnant, au vu, au su et à la « barbe » des autorités. Certains en attribuent la responsabilité aux autorités, qui en vertu de leur passivité, incitent les fanatiques religieux  à aller encore loin dans leur projet antisocial et totalitaire. D’autres estiment que l’Etat est incapable de faire face à la violence islamiste qui a fait surface sur les décombres du chaos sécuritaire suscité par la révolution du 14 janvier2011.  Or, lorsque le ministère de l’Intérieur a décidé d’interdire toute manifestation liée à l’affaire du palais d’El ABDELLIA, les Salafistes avaient obtempéré.  Cet acquiescement de leur part laisse présumer qu’ils obéissent   à des instructions et que l’Etat dispose des moyens de protéger la société et ses membres contre ce danger salafiste.

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