La mine d’or a soif

Depuis quelques semaines, les régions de Mdhilla et El Guettar du gouvernorat de Gafsa sont privées d'eau potable. Pour les habitants, une des pompes principales qui les alimente en eau est en panne, voire volée ! Selon le responsable de la SONEDE et dans un communiqué qui date du 27 juin 2012, la pénurie est due à une baisse du niveau d'eau de la nappe phréatique de la région de Atrous, principale source qui alimente les deux délégations en eau potable.

Quelles que soient les raisons, les habitants de ces régions ont multiplié les sit-in et les manifestations pour que l'eau potable soit rétablie, en vain.

On apprend aujourd’hui que les habitants de Mdhilla ont coupé les routes principales en protestation contre la pénurie d'eau. Les forces de l'ordre seraient intervenues en lançant du gaz lacrymogène sur les manifestants. Dans un reportage sur la chaîne nationale, le seul et l'unique, un responsable avait préconisé aux habitants, à la manière de Marie Antoinette, de se procurer de l'eau potable en l'achetant, en attendant une solution à leur problème ô combien vital. Les habitants de ces régions défavorisées et pauvres sont donc contraints d'acheter leur eau potable. Mais à raison de 20 DT la citerne, ce n'est pas à la portée de ces citoyens abandonnés à la soif par cette vague de chaleur !

Une large campagne intitulée "Rends-nous l'eau" a lieu en ce moment sur les réseaux sociaux, en solidarité avec les habitants de Mdhilla et de El Guetar, les internautes s'indignent et accusent le gouvernement provisoire de laxisme. Pour certains, c'est carrément une volonté d’assoiffer la population de ces régions. L'eau potable est-elle en passe de devenir une revendication légitime dans la Tunisie post-révolutionnaire ? Le gouvernement quant à lui se défend en accusant les habitants de ces régions de sabotage ; pompe volée,installation détruite. Zouhayr Bennaceur, correspondant du journal Al Akhbar nous apprend qu'actuellement, le débit d'eau est très faible et mal distribué. Il y a une semaine, la localité de Borj Akarna (3 km du centre-ville) est restée au moins 3 jours sans eau. Pour avoir de l'eau, il fallait se déplacer à Ain Smed, à 50 kilomètres !

Par cette grande chaleur, on ose à peine imaginer la détresse des familles assoiffées de cette région, berceau de la révolte et mine d'or de l'économie nationale. On se demande si une situation pareille ne pourrait pas dégénérer d'un moment à l'autre et se transformer en révolte de la soif.

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