Opinion – Le ‘sot-phisme’ de Marzouki !

Opinion – Le ‘sot-phisme’ de Marzouki !

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Superbe mise en scène signée et présentée hier soir par l’équipe d’Hannibal TV, une musique annonçant la fin du monde ou les conquêtes mongoles ; pour filmer le Palais Présidentiel. Digne du Taj Mahal. On a même pu voir des fonctionnaires/figurants, qui ne savaient pas quoi faire de leur corps. A leur décharge même sans caméras. Ils ne savent pas quoi faire dans ce palais !
Sami El Wafi va jusqu’à nous plonger dans les années d’horreur de la dictature de Zaba et affirme sans ciller, que tous ceux qui empruntaient cette route qui fait face au Palais, leur suscitaient une peur viscérale. Oui car, bien entendu, tous les Tunisiens qui passaient par là furent enlevés, atrocement torturés, emprisonnés pour finir pendus !
L’imperceptible et sournois éloge de l’actuel Président prend pied dès lors et avance avec ses gros sabots, devant ce grand portail et on s’attend déjà à une leçon d’investigation de première. Vous pouvez jeter le fameux Watergate aux oubliettes !

Le président nous avoue que la première chose qu’il fait en entamant sa journée est de lire les journaux, comme tout bon fonctionnaire qui se respecte. Et comme tout bon fonctionnaire, il est le dernier à savoir ce qui se passe dans le pays ! Pardon, il dit aussi qu’il lit attentivement les rapports du ministère de l’Intérieur et celui de la défense. Ces deux ministères n’assurent aucune sécurité, mais sont des formidables témoins des événements qui secouent la Tunisie et rédigent des rapports à qui de droit.

Sur sa lancée, Monsieur Marzouki affirme que nous vivons une période des plus normales, après la révolution et que la principale cause de ce tremblement sismique est les 50 dernières années. Tout est désormais à formater et à restructurer, même le Tunisien primaire. Voilà à quoi s’est attelée la Troïka.
Il a le profond sentiment- ce qui ne nous rassure pas du tout- « C’est qu’il est convaincu d’être sur le bon chemin », celui qui nous mènera à notre perte inchallha !

Toujours d’après notre président, la violence salafiste ne représente aucun danger et le gouvernement est encore à la recherche de la meilleure manière de juguler ces agressions au nom de la religion.

Comme si notre pays était dénudé de lois et les agents de l’ordre dénudés de moyens de défense. Et que la justice s’était faite la malle avec le tourisme. Et nous, nous restons dénudés de protection !

En présentant la seconde partie de l’interview, concernant l’économie, Sami El Wafi en rajoute une couche, il nous déclare que les questions étaient improvisées et que les réponses de M. Marzouki étaient spontanées. C’était très clair pour nous téléspectateurs !

Ils enchaînent sur les investissements étrangers et la situation explosive du pays, on retient cette citation digne d’un Marzouki : « Tout pays démocratique doit avoir son lot de violence, rien de plus normal ! »

À propos de la promesse faite par notre président aux Tunisiens concernant sa démission si au bout de six mois, la Tunisie continuait à péricliter, il répondit : « Saddakani, la situation économique et sociale est en train de s’améliorer petit à petit. Premièrement, la situation politique est stable et je soutiens le gouvernement malgré les brebis galeuses (Mrs les conseillers) que j’ai mis au pas ! ». C’était les teen-agers de la politique. Sans commentaire.

M. Marzouki conclut que la roue économique tourne sans problème, que tout va bien et que les Tunisiens ne sont pas au courant des grands projets, des investissements, qui vont donner un nouveau visage à la Tunisie. Seulement lui, le sait et il est très satisfait de ce qu’on ignore. Comme tout bon Président qu’il est, il nous cache les bonnes nouvelles !

M. Marzouki se focalise sur l’incompétence du gouvernement, qui est incapable de donner un bon rendement au bout de six mois et omet de parler de tous les abus de pouvoir que nous avons enregistrés au cours de cette même période et ils sont lourds de conséquences. Rien que le nombre hallucinant des dirigeants. Il a une mémoire sélective le Monsieur !

Il conclut : « je ne démissionnerai pas, non parce que je m’accroche au fauteuil, mais à l’espoir ». Qu’il prenne en considération que nous n’avons plus aucun espoir et ça, rien qu’en écoutant ses sophismes !
Des sophismes à la pelle…

Dans la seconde partie du doc, dans sa modeste maison, il a qualifié tous les Tunisiens de simples hères. C’est d’ailleurs eux qui lui ont inspiré sa garde-robe. Comme si tous les chefs d’État devaient s’habiller à la friperie du coin pour être proches du peuple. On assiste aussi, ébahis à cette déclaration qui enfonce le clou : il se pose comme celui qui a rendu la dignité au Tunisien par sa modestie et l’élégance de ses pensées. Rien que ça !
Alors qu’il n’a aucune prérogative, il persiste et signe : il veut rester trois ans à la présidence à ne rien faire. C’était l’occasion ou jamais d’injecter son dada ! Le siège du Président !

Au palais, il disait que « Tounes bikhair » La Tunisie va bien. Chez lui à Sousse, il déclare que nous traversons les pires moments, la réponse de Sami El Wafi ne se fait pas attendre : « mais vous nous démoralisez ! « Il rétorque que la Tunisie est aussi pauvre que job et que notre salut, c’est de lui donner encore du temps, 3 ans de sa présidence. Afin que le Tunisien ne se suicide pas par désespoir et par la faim, d’ailleurs il en a perdu le sommeil et il ne leur trouve aucune solution.

Sur un autre sujet, il déclare que Baghdadi Mahmoudi ne sera pas livré à la Libye, à moins qu’elle ne devienne une démocratie… Comme la nôtre ? Voilà un joli bras de fer entre Jbali et Marzouki. Spectacle en vue, qui aura le dessus ?

Concernant une autre actualité brûlante, il est formel, Kamel Nabil, gouverneur de la banque centrale, sera viré. Même s’il fût plébiscité meilleur gouverneur de banque centrale sur le continent africain. Mais Marzouki ne lui reconnaît pas cet honneur et pense, dans sa simplicité si proche du peuple, que seuls les représentants légitimes ont ce droit. Il crie presque « c’est le peuple qui décide ! ». Oui, parce qu’en économie de marché, les élus de l’ANC brillent par leur savoir en économie. Une information qui nous avait échappé !

Pour finir, Sami El Wafi, pose toutes les questions possibles et imaginables au cuisinier pour extorquer une quelconque confidence de celui-ci, lui affirmant que Marzouki était le meilleur des présidents et qu’il voterait pour lui, aux prochaines élections. En vain, le cuisinier reste muet comme une carpe. Le cuisinier est libre et digne et on ne cuisine pas un cuisinier ! Sami El Wafi reste un valet du pouvoir.

Et les mêmes questions sont posées aux restes du personnel, à la recherche du moindre compliment envers Marzouki. Affligeant !

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