L’information publique menacée par Ennahdha : la tentation « berlusconienne » !

L’information publique menacée par Ennahdha : la tentation « berlusconienne » !

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Les déclarations des dirigeants du mouvement Ennadha se succèdent à un rythme régulier ces derniers temps pour ériger une épée de Damoclès sur la tête des médias publics en les menaçant de privatisation.

En réalité, cette menace émanant du chef du mouvement, Rached Ghannouchi, parue dans diverses interviews accordées à des journaux arabes et du chef du groupe parlementaire des Islamistes au sein de l’Assemblée Nationale Constituante, Ameur Laarayedh, interviennent pour mettre surtout la pression sur les journalistes des chaînes publiques, télévision nationale et Radios, afin de les soumettre à leur volonté de les voir défendre les thèses de la troïka au pouvoir, et principalement du mouvement Ennahdha. Ils arguent que les journalistes appartiennent à l’ancien régime et que la volonté populaire, entendez les quelques dizaines de sit-ineurs campant devant la télévision nationale, va dans le sens du remplacement des journalistes en question les accusant d’être à la solde d’autres idéologies (autres que la leur !) et de son traitement tendancieux de l’information.

Cette analyse des Nahdhaouis de la situation qui prévaut dans les médias publics provient de leur volonté d’en faire le porte-parole du gouvernement de la Troïka, réfutant toute critique à son encontre et entendant passer sous silence les événements qui secouent le pays.

La privatisation qu’on fait planer sur les médias publics est une hérésie dans tous les systèmes politiques démocratiques y compris dans les plus vieilles démocraties libérales, celles où le libéralisme est la règle.

Autrement dit, Ennahdha veut aller encore plus loin au service des intérêts privés en leur cédant des institutions qui commencent tout juste à trouver leur équilibre en matière de liberté de l’information et qui font leur apprentissage d’être le porte-parole du citoyen en contribuant à son émancipation politique, à sa culture et à son évolution.

Cette information citoyenne est la loi du service public de l’information. Sa disparition signifierait céder cette arme à des intérêts privés qui seraient donc proches des gens actuellement au pouvoir, ce qui voudrait dire le rétablissement de l’information unicolore et monolithique.

Car le monopole de l’information par les intérêts privés scellerait la fin du pluralisme un peu comme cela s’est passé en Italie où un certain Berlusconi a pu accaparer de grands médias nationaux, en construisant un véritable empire médiatique, et les a mis au service de ses intérêts politiques et de ses desseins idéologiques.

La Tunisie démocratique du futur ne peut se passer du service public de l’information. Il suffira simplement de mettre en place les mécanismes sains pour un fonctionnement qui assure le pluralisme afin de faire évoluer tout le secteur.

Mais, il est difficile d’imaginer une telle évolution en présence d’une idéologie qui ne reconnaît qu’elle-même !!!

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