Attaque sur les journalistes de la TV Nat : le député Nejib Mrad ajoute des détails à sa version des faits !

Au cours de la séance plénière de l’Assemblée nationale constituante tenue, ce jour, à propos des événements du 9 avril 2012, le député Nejib Mrad, soutenu par le Président du groupe parlementaire du mouvement NAHDHA, Sahbi ATTIG, a tenu à intervenir pour s’expliquer sur les faits qui lui sont reprochés par rapport à son déplacement le 10 avril au siège de la chaîne de TV nationale.

Il a commencé par dire qu’il a été victime d’une campagne d’acharnement par les journalistes et les médias qui ont dénaturé les faits et lui ont imputé des actes qu’il n’a pas commis, allant jusqu’à les accuser de porter atteinte à sa dignité et à son honneur. D’après le député, il s’est présenté au siège de la chaîne de la télévision nationale en déclinant sa qualité de député à l’entrée du siège.

Le but de cette visite était de rencontrer le directeur général et le rédacteur en chef au sujet des incidents qui se sont produits dans sa région, Monastir, et qui n’ont pas été couverts par la télévision. Après avoir eu un entretien de près d’une demi-heure avec ces derniers, il est passé sans le vouloir par la salle de presse où des journalistes l’ont dénigré et agressé verbalement. Toujours d’après le député, l’un d’eux aurait insulté l’assemblée et ses membres en lançant « qu’ils soient maudits » (YEKKIB SAADOU EL MAJELSS TAASSISSI). Il a ajouté qu’il a même été bousculé par des journalistes.

Cette version est plus explicite que les déclarations d’hier où le député et ceux qui ont pris sa défense se sont limités à nier les faits et à dénoncer une manipulation médiatique. Les détails qu’elle contient n’ont été appris que lors de l’intervention du député qui a déclaré qu’il a eu auparavant à visiter les locaux de la TV nationale dans le cadre de ses activités parlementaires et qui a affirmé qu’il n’a commis aucun dépassement et que tout ce qui lui est attribué n’est que calomnie et contre-vérité.

Prendre au sérieux cette version laisse supposer que les journalistes de la chaîne nationale qui s’exercent de jour en jour au pluralisme journalistique, dans le cadre de l’instauration d’un quatrième pouvoir indépendant et constructif, sont en manque de maturité, de professionnalisme et de civisme. Une accusation très grave à leur endroit qui ne peut pas passer inaperçue dans un sens comme dans l’autre. En effet, comment accepter, de nos jours, qu’un journaliste fasse prévaloir des positions personnelles, sur le devoir d’informer et use de dénigrement et d’arrogance pour intimider ceux qui ne sont pas dans son camp.

Ce sont pourtant ces mêmes journalistes, accusés d’avoir été incorrects et agressifs à l’égard du député, qui ont pris l’initiative de dénoncer en public les actes et les faits que ce dernier nie en bloc.

Entre les deux versions, le citoyen se perd et ne sait qui croire, faute de preuve et de présomption. D’un côté des accusations confinées au stade du dire et de l’autre côté des accusations limitées à une déclaration à l’hémicycle, en guise de réplique. La situation mérite d’être élucidée par tous les moyens, non seulement pour éclairer l’opinion publique sur ce qui s’est réellement passé, mais surtout parce que l’affaire met en cause un représentant de la nation, élu pour contribuer à l’édifice démocratique, et des journalistes appelés à y concourir en toute liberté et en toute indépendance.

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