Amor Nsairi : ‘un ex-Ben Ali chez Jébali’

Sous cet intitulé, l’African Intelligence dans sa diffusion du 16 février retrace le profil de l’actuel directeur du cabinet de Jébali. Ancien gouverneur et PDG d’entreprises publiques sous le règne de ZABA, Amor Nsairi a été parmi les 1000 premiers tunisiens à exhorter Ben Ali pour un énième mandat et donc l’un des fervents partisans de la dictature à vie. L’information a été relayée par d’autres médias s’intéressant à l’actualité politique en Tunisie et reprise d’une certaine manière sur Shems FM dans sa matinale du 22 février. Sur le réseau social, elle n’est pas passée inaperçue : le partage de vidéos et de commentaires a battu les records de ces deux dernières journées et les facebookeurs ont publié des documents sur les activités politiques antérieures de Amor Nsairi et les responsabilités qu’il avait occupées du temps de ZABA.

Si l’information se révèle effective, il existe mille et une raisons de nous inquiéter. En effet, la désignation d’un responsable présentant pareil profil dans le premier gouvernement issu des élections du 23 octobre pourra ouvrir la voie à d’autres personnes qui ont concouru activement à la politique de la médiocratie. Rappelons à ce propos que dès la première formation gouvernementale qui a vu jour après le 14 janvier, l’opposition, dont l’actuel parti majoritaire, et une bonne partie de tunisiens se sont élevés contre le maintien et la désignation dans le gouvernement et l’administration régionale des anciens responsables. Rappelons également que parmi les interdictions et déchéances prévues en matière électorale, le décret-loi édicté en la matière prévoit l’inéligibilité des El Mounachidoun et ceux qui étaient au service de Ben Ali dans le gouvernement et dans le RCD. Leur exclusion de la scène publique et la contestation de leur présence dans le paysage politique leur interdisent tout droit de citer dans les hautes fonctions de l’Etat.

Certains peuvent considérer que le gouvernement ne peut pas se passer d’une valeur certaine et d’une compétence sûre nonobstant son historique et ses implications dans les choix du régime déchu. Mais, ils oublient que durant les sit in de Kasba 1 et Kasba 2, la logique a été d’évincer les anciens du vieux régime quels que soient leur expertise, leur intégrité et leur génie. Il s’agit dans cet esprit d’une question de principe qui ne souffre ni exception, ni dérogation. Prendre une décision qui va à l’encontre de cet esprit nous amène à nous poser les questions suivantes : Est-ce une affabulation de la part de quelques médias en quête de sensationnel ? Dans cette hypothèse, un démenti justifié et un échange transparent entre les protagonistes s’imposent pour faire taire les « mauvaises langues » ! Est-ce une inadvertance de la part des décideurs dans le gouvernement qui a permis à l’intéressé de passer par les mailles du filet ? Dans ce cas, il vaut mieux reconnaître la défaillance du système et prendre les mesures correctives. Ou est-ce tout bonnement un revirement dans les choix post-révolutionnaires ?

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