Chroniques loufoques de l’an 2024 – La dernière gorgée de vin

Chroniques loufoques de l’an 2024 – La dernière gorgée de vin

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La scène se passe dans un supermarché de Tunis situé dans le nouveau quartier de « Jinan Daouha », construit grâce à de généreux investisseurs du Qatar.

Gouvernée par les islamistes, alliés au nouveau parti des destouriens musulmans, la Tunisie apprend de nouveaux modes de vie sous la direction éclairée du cheikh Mohamed Moncef Marzouki qui s’est laissé pousser la barbe et s’apprête à se lancer dans une campagne électorale en vue d’un troisième mandat.

Comme la constitution ne le permet pas, la militante des droits de l’homme, Lina Ben Mhenni, qui vit désormais à Londres, fait entendre sa voix.

Bref, la situation est confuse surtout que les destouriens musulmans dirigés par les successeurs de Mustapha Ben Jaafar menacent de rompre leur alliance avec les héritiers d’Ennahdha.

Cependant, dans ce contexte troublé, une rumeur traverse villes et campagnes : le cheikh Marzouki aurait décidé la fin de la Prohibition. On va de nouveau vendre des boissons alcoolisées dans les supermarchés.

Toutefois, comme depuis l’an 2015, pour acheter une bouteille de vin ; il faudra présenter sa carte d’identité, un carnet d’autorisation de consommation d’alcool acheté pour 60 dinars par an auprès des autorités compétentes et un timbre fiscal de trois dinars par litre acheté.

Un homme d’un certain âge, attiré par la rumeur, se présente, muni de tous ses documents, au supermarché. Voici ce qui s’est ensuite passé…

Le client – Mon fils, je voudrais deux bouteilles de Tardi rouge.

Le caissier – Mais il n’y en a pas depuis longtemps.

  • Alors, donne-moi du Château Mornag.

  • Il n’y en a pas non plus.

  • Bon, c’est un peu plus cher, mais je vais tout de même prendre du Magon.

  • Mon ami, il n’y a pas de Magon.

  • OK. Puisqu’il n’y a pas le choix, je vais prendre deux bouteilles de Sidi Saad. Ça dépasse mon budget de retraité, mais tant pis.

  • Il n’y a pas de Sidi Saad non plus…

Le vieux monsieur, déçu, regarde autour de lui, sourit au caissier qui, lui aussi, n’est plus très jeune et finit par s’en aller.

A ce moment, le caissier se retourna ver un collègue qui avait suivi la scène et dit :

  • Pauvre vieux ! Il a l’air complètement déconnecté, mais je dois reconnaître qu’il a une mémoire infaillible…

Voilà. Ça s’est passé en l’an 2024. Et si vous me promettez de ne pas paniquer, je vous raconterai bientôt quelques histoires de l’an 2043…

 

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