Vers un rassemblement géant, mardi 6 décembre, contre une «nouvelle dictature»

Vers un rassemblement géant, mardi 6 décembre, contre une «nouvelle dictature»

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Demain, mardi 6 décembre, l’Assemblée constituante devrait se réunir pour examiner le projet d’organisation des pouvoirs publics. Cette sorte de mini-constitution devrait ouvrir la voie à la formation d’un exécutif.
Un nombre de Tunisiens ne l’entendent pas de cette oreille ou du moins ne souhaitent pas qu’une nouvelle dictature, s’installe après celles de Bourguiba (d’une certaine manière) et surtout de Ben Ali, qui a saigné à blanc le pays, en donnant plein pouvoir au Premier ministre, le nahdaoui Hamadi Jebali. C’est pour cela que plusieurs appels à un rassemblement géant ont été lancés sur les réseaux sociaux, comme le fameux Facebook. Ces appels invitent tous les Tunisiens à se rendre demain, à partir de 9h00, devant l’Assemblée afin de mettre la pression sur les élus.

L’événement public «Rassemblement Mardi 6 Décembre Au Bardo» de Facebook, à titre d’exemple, compte, à l’heure où nous publions (22h30), 12.314 invités, dont 1018 personnes ayant confirmé leur participation, 119 ayant répondu « peut-être », et le reste n’a pas encore donné de réponse. Les chiffres pourront évoluer d’ici demain.

Le texte introductif publié par Destourna, lié à cet évènement,  est une mise en garde. Voici ce qui est écrit : «MARDI 6 Décembre tout va se jouer: le texte de l’OPP va être voté en plénière : un vote à haut risque. En aucun cas nous ne devons accepter le vote de la motion de censure aux 2/3 des suffrages – rendez vous compte: le gouvernement en place sera INTOUCHABLE – rien ne limite la durée de vie de l’ANC ! VOUS AVEZ COMPRIS : UNE NOUVELLE DICTATURE EST EN MARCHE. Oublions nos couleurs politiques, nos différents d’hier et d’aujourd’hui : un seul objectif doit primer : DIRE NON A LA NOUVELLE DICTATURE. Serrons les rangs et mettons la pression à nos élus : ensemble c’est possible».

Outre ce message d’alerte, autres points ont été ré-publier :

• La nécessité de la séparation des pouvoirs et la définition des prérogatives de chaque pouvoir

• Le refus du cumul des pouvoirs entre les mains du chef de Gouvernement ou celles d’un parti.

• La nécessité du recours à la majorité de 50 % + 1 pour la nomination des deux présidences (celles de l’Assemblée Constituante et de la République) et du chef du gouvernement, et l’application de la même majorité de 50 % + 1 pour la motion de censure (révocation du gouvernement ou de l’un des ministres).

• Le vote pour chaque article de la Constituante avec la majorité des 2/3.

• La majorité des 2/3 doit être appliquée pour l’adoption des articles de la Constitution ainsi que pour l’approbation de la Constitution, même en deuxième lecture.

• Le rejet du transfert de toutes les prérogatives du Conseil Constitutionnel au chef du gouvernement en cas d’empêchement du fonctionnement normal des pouvoirs, tel que mentionné à l’article 11 point 6 du projet de règlement provisoire des pouvoirs publics.

• La nécessité d’inscrire le code du Statut Personnel dans la Constitution.

• L’interdiction de cumuler les fonctions de membre de la Constituante et membre du gouvernement.

• La diffusion en direct des séances plénières de l’Assemblée Constituante.

Les personnes de ce rassemblement devraient gonfler le nombre des sitineurs du Bardo 1, qui reste conséquent malgré certaines défections.

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