Le billet de Hatem Bourial – Ce tourisme sexuel qui ne dit...

Le billet de Hatem Bourial – Ce tourisme sexuel qui ne dit pas son nom…

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C’est le silence autour de ce fait-divers qui m’a le plus frappé. Une information sèche, aucun commentaire, peut-être même un silence d’autruches qui regardent ailleurs tout en cachant la poussière sous le tapis.

Ça s’est passé il y a quelques semaines dans le quartier d’Ennasr. Non, ce n’est pas la voiture qui a pris feu dans un garage souterrain. Pour cette bagnole, la mobilisation médiatique a été immédiate et très bavarde comme il se doit.

Il s’agit d’un autre événement. Il s’agit d’une jeune fille qui a été défenestrée du troisième étage d’un immeuble par deux jeunes hommes de nationalité “maghrébine”, comme on dit pudiquement dans ces cas-là…

Bien sûr, la jeune fille était une prostituée. Bien sûr, les prostituées pullulent dans ces quartiers où grouillent les salons de thé, les garçonnières louées à la journée et même, dit-on des maisons closes bien protégées.

À partir de quel degré peut-on parler de tourisme sexuel ? Lorsque je vois de mes yeux des Lolitas d’à peine vingt ans négocier leurs charmes en pleine avenue avec des automobilistes dont les plaques minéralogiques indiquent un pays “maghrébin”, suis-je habilité à parler de tourisme sexuel ou dois-je me taire pour que ça continue ?

Lorsqu’une jeune fille est jetée par la fenêtre sans autre forme de procès, dois-je aussi me taire, car la pudeur commande de ne pas voir ? À chaque fois, nous montons d’un cran dans notre déroute morale et personne ne veut regarder. Jusqu’à quand ?

Sur les côtes, la prostitution homosexuelle ne s’est jamais cachée. Dans le sud-ouest, des hommes jeunes s’étripent pour de vieilles juments de retour qui pourraient peut-être leur procurer argent et “papiers” si désirés. Du côté d’Ennasr ou d’El Manar, c’est une “clientèle” plutôt maghrébine qui hante le pavé derrière les vitres fumées de voitures d’un luxe tapageur.

Si ce n’est pas du tourisme sexuel, alors, Lampadusa est une destination touristique ! À Ennasr, une prostituée (certainement malgré elle) est morte. Un fait-divers sans importance, mais qui en dit long sur nos hontes, nos culpabilités et nos complicités.

Qu’elle repose en paix ! Et puissent ceux qui n’ont pas encore les mains sales dormir la conscience tranquille…

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