Chiboub et le terrain de Carrefour

Dans une conférence de presse, tenue, hier, par Morched Belhareth, président de l'Association tunisienne de la prévention routière, il a été question du différend qui oppose l'actuel bureau de l'association à quelques-uns de ses membres, et de sa situation financière.

Cependant, le plus intéressant dans cette conférence est une tout autre affaire : celle de la cession d’un terrain 36 hectares au centre commercial Carrefour.

Selon M. Belhareth, ce terrain a été acheté par l'Association tunisienne de la prévention routière à l'Office de la mise en valeur de la vallée de la Medjerda, et ce, pour une somme de 15 mille dinars, en… 1968. Dix ans plus tard, une société 3S (sécurité et signaux de sécurité) a été créée et dans laquelle l'Association a participé à hauteur de 50 %, afin de réunir un capital de 60 mille dinars. En 1980, cette société 3S a obtenu un prêt d'une valeur de 56 mille dinars de la part de la Banque du développement économique tunisienne, avec ledit terrain en hypothèque. Devant l'incapacité de la société à rembourser sa dette, des négociations ont été entamées en 1984 entre la banque, la société 3S et l’Association jusqu'à 1996 et l'entrée en scène de Slim Chiboub.

Dès le début, Chiboub a conseillé au président de l'Association de changer son siège de la Rue de Carthage au Colisée, ainsi les courriers et les huissiers notaires envoyés par la justice ne pouvaient plus lui parvenir, ajoute M. Belhareth.

Entre-temps, cette société 3S avait disparu de la circulation. Du coup, la banque a "confisqué" le terrain et l’a mis aux enchères le 16 mai 1996. Le plus surprenant dans cette histoire, c'est que l'Association avait les ressources financières pour rembourser le prêt accordé par la banque. Et pourtant, la banque est passée directement et rapidement à la confiscation. Trois sociétés, dont deux appartiennent à Chaïbi, l'oncle de Slim Chiboub, avaient participé à la mise aux enchères. La troisième est celle de Chiboub qui a vu le jour le 15 mai 1996, soit un jour avant ce rendez-vous, précise M. Belhareth.

Ainsi, et selon la même source, Slim Chiboub a pu récupérer le terrain pour une somme dépassant légèrement le million de dinars alors que sa valeur réelle, à cette époque, était de… 25 millions de dinars! Par la suite, il a été repris, rappelons-le, par le groupe Chaïbi pour lancer, en avril 2001, l'hypermarché Carrefour.

Toute cette affaire s'est déroulée devant la passivité incroyable du ministère des Domaines de l'État qui n'a pas bougé le petit doigt malgré le fait que l'Association l'ait contacté à plusieurs reprises pour récupérer son bien.

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