Opinion – Pour qui se prend Essebsi ?

Opinion – Pour qui se prend Essebsi ?

Par -

Rien ne va plus entre Béji Caïd Essebsi et les journalistes tunisiens. Le Premier ministre par intérim se prend plus pour un roi, voire «un roitelet plus royaliste de que le roi» (comme le chante l’artiste ivoirien Alpha Blondy), qu’à un vrai responsable qui a les destinées du pays en main en attendant de retrouver une stabilité politique.

Selon nombre d’observateurs, Essebsi a un (grave) problème relationnel avec les journalistes. Est-ce son âge presque canonique ? Est-ce par snobisme ? En tout cas, il y a un malaise et un mal-être entre lui et les journalistes, sauf ceux qui sont «à sa botte». Il ne faut pas se leurrer là-dessus : même politique, même système que nos ex-dictateurs.

Tout vrai journaliste est conscience de ce problème qui nuit à la profession. D’ailleurs, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) n’a pas voulu laisser passer ce manque de respect de Béji Caïd Essebsi envers les professionnels de la plume, qui sentent que leur liberté d’expression est réellement en danger. Le SNJT a, donc, dénoncé, mercredi «les agissements et les pratiques visant « l’humiliation et la marginalisation » des journalistes».

Le gouvernement (du moins certaines personnes, dont Essebsi) est en train de museler la presse. Il ne faut pas s’étonner dès lors de trouver, dans les journaux, des faits et méfaits relatifs aux Ben Ali et aux Trabelsi, de voir une ruée sur les partis politiques et de ne rien trouver des articles vraiment concrets sur le gouvernement. Tout semble filtré comme au «bon» vieux temps. Et Essebsi a fait son temps.

D’ailleurs, il est complètement déphasé par rapport à la situation que connaît notre pays. Il n’en fait qu’à sa tête et, apparemment, opère pour une nouvelle mainmise sur le secteur de l’information et pour restreindre le champ d’action des journalistes et la liberté de presse». Pour preuve, les «mauvais traitements dont ont été victimes les journalistes lors du dernier conseil des ministres, de la réunion, mercredi, de la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution ou lors de la couverture des activités de certains partis politiques».

Les journalistes en ont soupé des manipulations en tout genre. Le mot n’est plus «Dégage» mais «Assez» et la plupart se demandent pour qui se prend Essebsi !

Commentaires: