Evénements de Metlaoui: les forces de l’ordre et de l’armée n’ont pas...

Evénements de Metlaoui: les forces de l’ordre et de l’armée n’ont pas levé le petit doigt !

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Au matin du 4 juin, la Tunisie s’est réveillée sur une triste affaire et des évènements d’une rare violence survenus à Metlaoui.

Un grave problème a éclaté entre des factions tribales dans cette cité minière du sud-ouest tunisien. Cet incident conséquent fait suite à une « rumeur » selon laquelle la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) allait favoriser les membres d’une certaine tribu aux dépens d’une autre, lors du recrutement de nouveaux agents. C’en est suivi, alors, quatre jours de chaos total à Metlaoui. Des meurtres à tout va. Des pillages et des vols partout, devant les yeux d’une population effrayée et effarée.

Le retour au calme a nécessité plusieurs jours. Résultat final selon le site de la radio Tunisienne MosaiqueFm: 12 morts, 150 blessés et de très importants dégâts au niveau des commerces entre pillage et incendies. Des mandats de dépôt ont été émis par un juge d’instruction à l’encontre de 89 parmi les accusés, alors que trois autres ont été laissés en liberté. Ces personnes sont mises en cause pour incitation à la violence et appel à la confrontation entre les différentes tribus. Des cadres du RCD seraient même impliqués dans l’affaire.

Même si l’affaire est terminée ou presque, une question demeure sans réponse : où sont passées les forces de l’ordre et l’armée pendant ces quatre jours de chaos ?

C’est le blog collaboratif Nawaat qui offre un semblant de réponse à travers des vidéos montrant les évènements et les actes de violences sous les yeux des agents de la police et de l’armée, qui n’ont pas levé le petit doigt, faisant ressembler les incidents à un véritable film d’horreur avec la décapitation d’un corps jeté à terre. Ces vidéos sont arrivées à la rédaction de Nawaat, d’après celle-ci, «d’une source de Metlaoui, elle-même victime des violence». Et Nawaat de préciser: «On y voit dans l’une la passivité des forces de l’ordre et dans l’autre l’usage excessif et non justifié de la violence. Il nous a fallu plusieurs jours pour tout vérifier et collecter toutes les informations quant au cadre spatio-temporel des incidents. Cette affaire a rassemblé pour la première fois depuis des mois toute l’équipe Nawaat ou presque pour travailler sur un seul article. C’était une grande responsabilité. On se devait de veiller à ce que les vidéos soient bien mises en contexte et dans leurs cadres».

Pour les membres de Nawaat, il ne s’agit pas, en publiant les vidéos, d’«un processus de remobilisation», mais de «révéler la vérité (ou une partie de la vérité) et de mettre chacun face à ses responsabilités». Car toujours pour ces bloggeurs «ne pas intervenir pour sauver un citoyen tunisien est un crime!».

Les liens pour les deux vidoés: vidéo1 et vidéo2.

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