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Opinion – Comment la justice tunisienne favorise la pornographie et facilite la vie des pédophiles

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Le contenu pornographique disparaîtra de la toile tunisienne. C’est ce qu’a décidé un juge, acceptant l’argument d’avocats : “Ce type de contenu a causé l’embarras des familles, spécialement celles qui étaient habituées à laisser leurs enfants surfer librement sur la toile, rassurées par l’existence d’une surveillance ».

L’ATI remet donc en place ses équipements commandés pour satisfaire les désirs de Ben Ali. Les parents pourront, donc, bientôt, dormir sur leurs deux oreilles. Leurs enfants seront protégés par un tiers des dangers d’Internet.

 

Sauf que… ce tiers est totalement inefficace devant les dangers d’Internet. Pour preuve…

Au bonheur des pédophiles
Dans une lettre publiée par Wikileaks, un pédophile allemand explique comment la censure et le filtrage ne peuvent aucunement altérer le business de la pédopornographie.

Ceux qui recherchent ce type de contenu savent très bien comment se protéger et rester anonymes. Le procédé qu’il explique est à la pointe de la technologie. Proxys, VPN, VNC, tout est bon pour leur protection. Car ces méthodes sont impossibles à contrôler.

Comme l’explique ce pédophile, le premier contact se fait via les « courriers indésirables » (spam). Ces emails contiennent la publicité de sites pédophiles ainsi que des liens vers les moyens pour y accéder en toute sécurité et en contournant tout type de filtrage.

Rassurés d’avoir un Internet « propre », les Tunisiens, ainsi que la justice elle-même, ne s’inquiéteront pas de ces gens, merci la justice.

Au malheur des enfants
Vu que l’internet tunisien sera « protégé », aucune assurance complémentaire ne sera prise. Les gens, aujourd’hui inquiets, dormiront tranquillement pendant que leurs enfants surferont sur l’internet « propre ».

Les pédophiles en profiteront et partiront à la chasse aux trésors. Ils chercheront à entrer en contact avec ces enfants, pour leur vendre du sexe et leur tendre les pires pièges.

Facebook a « largement aidé la Révolution tunisienne ». C’est aussi un repère de pédophiles.

Un homme de 28 ans a été arrêté pour avoir invité deux filles de 12 ans à une rencontre sexuelle, grâce à Facebook. C’est une mère inquiète qui a donné l’alerte. Au point de rendez-vous, des policiers se sont présenté à la place des enfants.

Un homme de 24 ans a avoué le viol de 4 enfants. Il a été dit que le nombre total de victimes se montait à… 20. Sa méthode était simple. Il contactait les jeunes filles sur Facebook, devenait leur ami et leur fixait des rendez-vous. Il a été arrêté grâce à une mère anxieuse de voir sa fille communiquer avec un homme plus âgé. Elle a, ainsi, non seulement sauvé sa fille et mais également d’autres filles. Ce violeur avait contacté 700 filles au total.

D’autres parents sont moins attentifs. Une autre fille de 12 ans a été violée par un homme qui a réussi à lui mentir ainsi qu’à ses parents. Il avait prétendu avoir 13 ans. Ce n’est qu’après le viol que les parents se sont rendu compte du mensonge. Ils avaient autorisé leur fille à utiliser Facebook.

Au bonheur des moins jeunes
Merci à l’ancien président Ben Ali, les Tunisiens, vieux, jeunes et moins jeunes, connaissent très bien les proxy. Ils savent comment les installer et comment les utiliser.

La tâche est aujourd’hui encore plus facile parce que les sites dédiés aux proxys, autrefois fermés, sont pleinement accessibles. Il est très facile de télécharger le logiciel et le configurer.

Pendant que les parents dormiront sur leurs deux oreilles, les adolescents, en pleine puberté, utiliseront les proxys pour assouvir leur curiosité en toute tranquillité. Merci à ce juge et à ces trois avocats !

Le fruit défendu
En Arabie Saoudite (inutile de préciser que la pornographie est strictement filtrée, réprimée et punie), 70 % des fichiers échangés par leur jeunes sur leurs mobiles sont de nature pornographique. Les Saoudiens ne regardent pas en direct sur le net (pas sans proxy) mais stockent les fichiers pour y accéder à tout moment et les échanger entre eux, librement.

Il y a bien d’autres façons d’obtenir de la pornographie : forums de discussion, sites de téléchargement, réseaux peet-to-peer… Après la censure des sites pornographiques, est-ce qu’une croisade anti-porno, pour censurer toutes ces sources potentielles, verra le jour ?

Comme on dit, la curiosité est la mère de tous les risques. Pour les jeunes, plus l’objet est strictement interdit, plus il est désiré.

Responsabilité des parents
Le juge s’est appuyé pour son jugement sur « des acquis, des études et des pétitions » présentés par les plaignants. Mais sérieusement, y a-t-il une personne (à part les pédophiles…) sur terre qui ne veut pas protéger ses enfants de la pornographie ? Aucune étude ou pétition n’est nécessaire…

Censurer ou ne pas censurer est un faux débat, très manipulateur. La question est : comment protéger efficacement ?.

Et là, « les acquis, les études et les pétitions », sont contre la censure. Ce sont les experts qui le disent, comme en Grande Bretagne ou en Australie. Preuve en est, seules les dictatures censurent. Mais pour ces derniers, l’utilité est toute autre !

Les parents n’ont pas besoin d’une censure stupide, telle la politique de l’autruche, la tête dans la terre et les fesses à l’air.

Ce dont les jeunes ont besoin n’est pas une interdiction à la “Non ! C’est haram!” mais à une éducation, dès le plus jeune âge. Une éducation qui porterait sur la sexualité et sur la sécurité sur Internet. Cette éducation est aussi le rôle des parents qui ont, eux également, besoin d’éducation.

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