Entre révolutions et un eG8: les dirigeants sont-ils en train de faire main basse sur Internet ?

Avec plus de 1,8 milliard d'internautes en décembre 2009, selon les statistiques de Internet World Stats, l'importance et l'extraordinaire parcours du réseau des réseaux n'est plus à démontrer. Internet, pour beaucoup ça se résume en Google et Facebook, pour d'autres en un outil existentiel au boulot ou à la maison. Mais depuis peu, Internet prend d'autres ampleurs où des spectres politiques investissent les lieux. Certes, ceci n'est pas nouveau mais quand cela devient un élément fédérateur de deux révolutions, les différents acteurs mondiaux refont leurs calculs.

Tout le monde l'a compris, Internet est vraiment l'endroit "to be in" du moment. D'une part, les militants qui ont investi la toile par le biais des médias sociaux, arme redoutable et qui, chaque jour, prend un peu plus d'ampleur vu le caractère participatif et interactif qu'offre ce type de média pour l'internaute. Ce dernier ne cherche plus à être un simple spectateur mais aussi acteur, et entre réseaux sociaux, Youtube et Dailymotion ou des sites tels que Nawaat.org, il trouve sont bonheur. Les yeux des dirigeants se tournent de plus en plus vers ces médias: Facebook, Twitter... exemple clair de cette prise de conscience où après le 14 Janvier plusieurs politiciens tunisiens allant du secrétaire d'Etat tels que Adel Gaaloul, actuel secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Industrie chargé de la Technologie (@adelgaaloul), à Moncef Marzouki (@Moncef_Marzouki) leader du parti Congrès pour la République (CPR) ont créé des comptes sur le réseau social Twitter. Le ministère de l'Intérieur est même en train de relayer ses communiqués officiels ainsi que ses déclarations par intermédiaire de sa page Facebook officielle. Nos cravates costumes troquent de plus en plus leurs portefolio pour des tablettes électroniques afin de rester a la page et suivre ce qui se passe sur la toile.

Et ça dépasse même la simple "présence" de Twitter ou Facebook, les discours des chefs d'Etat vont de plus en plus vers un appel d'une "réglementation" d'Internet. La France ou plus explicitement le président français Nicolas Sarkozy n'a pas lésiné sur les moyens où un eG8 Forum a été organisé. Une sorte de forum comme son nom l'indique réunissant le gratin des personnalités du numérique tels que Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook ou Eric Schmidt, président de Google. Au menu des tables rondes et des accords portant sur la liberté d'expression, la protection de la vie privée et la propriété intellectuelle. Suite aux décisions prises lors du eG8, une délégation de patrons sélectionnés par l'Élysée est allé au G8 de Deauville afin d'en discuter avec les chefs d'Etats. C'est clair, les 8 puissants de ce monde accordent une grande importance à l'avenir du web et la voie s'ouvre de plus vers une réglementation proprement dite d'Internet. Car même s'ils l'assurent "ils s'engageront à ne prendre des mesures qui entravent l'innovation ou entrepreneuriat" mais dans cette phrase l'expression même de prendre des mesures fait mouche. Soulignons l'absence presque totale des vrais contributaires du web, les internautes eux-mêmes. Ces derniers ont manifesté et ont organisé un "contre eG8" où la société civile a exprimé son désarroi face à ce Forum et a exprimé clairement ses certitudes que « Le « forum eG8 » est un écran de fumée derrière lequel se cachent une inquiétante alliance de gouvernements cherchant à contrôler Internet et quelques entreprises qui tirent profit des restrictions aux libertés en ligne ».

"Réglementer" Internet par des lois qui autorisent des mesures de filtrages ou de surveillance par une autorité est sûrement une entrave à la définition même d'Internet. Un réseau où l'internaute est par définition maître et doit avoir la possibilité de choisir son information et où l'information elle-même doit rester libre.

Aussi inquiétant que cela soit, la Tunisie est de retour dans cette voie après sa sortie de la liste noire des pays leader en censure, où sans l'existence d'une loi ou d'un code d'Internet la possibilité de censurer toute une panoplie de sites s'est faite par une simple plainte dans un tribunal civil ou par le filtrage des URL exercé sur certaines pages Facebook ou sites remet en cause tout un concept : la liberté d'expression.

 

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