Elyes Gharbi, la nouvelle star de Nesma TV


Le paysage médiatique tunisien a changé après le 14 janvier. Les chaines de TV tentent de s’imposer. Le professionnalisme et l’amateurisme se joignent pour présenter aux Tunisiens des émissions tantôt de haut niveau, tantôt d’une médiocrité énorme. TV nationale, Hannibal et Nessma.. A-t-il vraiment le choix ?

Si Nesma sort du lot par un professionnalisme et une qualité face à ses concurrents, c’est grâce à une équipe de journalistes chevronnés, ajoutée à une liberté dans le traitement des sujets. Les concepts de ses programmes et émissions sont clairs. Ses invités et ses présentateurs … sont triés …

Le présentateur Elyes Gharbi, intelligent, verbe très facile, questions bien préparées… et une présence d’une aisance sublime est la star incontestable du paysage médiatique à l’heure actuelle. Mais plusieurs ne sont pas de cet avis. « FAN CLUB ELYES GHARBI », une page facebook donne la voix aux spectateurs. Plusieurs le félicitent pour son professionnalisme, mais certains ne lui ont pas pardonné le départ de Sofien Ben Farhat de l’émission.

Sur la page Facebook d’Elyes, on peut lire des messages de courage. « On t’aime, on te respecte et je te félicite pour ton travail, je suis pas fan de télé ni des médias tunisiennes mais je suit les discussions que tu mènes avec bcp de professionnalisme malgré le niveau de certain participants! », disait une spectatrice.

Par contre, ses co-équipiers, Sofien Ben Hmida et Jamel Arfaoui, manquent de présence sur le petit écran. Tout le monde s’accorde sur le fait que le verbe manque souvent à Ben Hmida. Des internautes sont allés plus loin et ont créé une page facebook pour que Sofien prépare ses questions afin de gagner du temps… ou « Nous demandons à Red-bull de sponsoriser le journaliste Sofiane Ben Hmida »

Jamel Arafoui, le correspondant du portail Magharebia, sponsorisé par le « United States Africa Command », le commandement militaire responsable du soutien et du renforcement des efforts américains pour promouvoir la stabilité, la coopération et la prospérité dans cette région du globe, manque parfois d’arguments.. Sur sa page facebook, ont peut également lire les commentaires de ses spectateurs. «J’aurais aimé que votre intervention serait plus argumenté et bien maitrisé lors de votre débat avec le ministre de l’intérieur. C’est lui qui a dominé le débat et tu as prouvé une imparfaite maitrise de quelques notions de base. De plus, il y ‘a eu une dislocation d’enchainement des questions posées. En tout cas, j’espère que vous rattraper et que vous rapporter mieux les espérances du « trottoire » tunisien », disait l’un d’eux.

A Hannibal TV, le schéma est autre. Une figure s’impose : Walid Zarraa. Ce dernier a ses fans mais aussi ses détracteurs. La page sur facebook, « Walid Zarraa Degage », a plus de 4400 membres. Arbia, Hela Dhaouadi… ont l’antenne et les fans à gagner.

A Hannibal, le concept des émissions n’est pas du tout clair. Le spectateur a l’impression qu’il regarde la même émission tout le temps. Les invités changent mais pas les sujets, ni les questions… On a l’impression de regarder la même émission d’Hannibal depuis le 16 janvier.

Les interviews et rencontres avec les figures de la scène politique oscillent entre qualité et médiocrité. L’interview avec Jrad et surtout l’émission consacrée au Ministre de l’intérieur se sont imposées. Sur le plan journalistique, on reproche au présentateur de ne pas laisser le ministre parler sur quelques questions… Des reproches mais rien d’autre…

A la TV nationale, l’amalgame est de taille. L’exemple le plus frappant est l’émission consacrée à la région de Sidi Bouzid avec un sentiment d’amertume.

L’émission nous a fait rire de l’amateurisme de la TV nationale. Le pourquoi s’impose. La réponse est simple, tous les professionnels s’accordent sur le fait que l’émission n’a pas de thème central, n’a pas de sujet, n’a pas choisi son angle de traitement de l’information. Plus encore, les invités sont mal choisis, les questions posées n’ont pas touché les vraies attentes des invités, le passage d’un élément à un autre se faisait à la hâte…

Présenter les familles des martyrs, les problèmes de développement dans ces contrées lointaines, les demandes personnelles de quelques individus parachutés sur la scène, des opinions politiques,…l’amalgame en a fait une émission ratée.

Pire encore, les reportages ne présentaient pas la réalité. A Menzel Bouzaine, Regueb ou a Sidi Bouzid, les reportages ont cherché a nous présenter des « charrettes », des huttes…. Comme si les villes étaient un ensemble de huttes.

Constat de cette émission : la TV nationale peut encore essayer de nous donner des émissions de qualité, des sujets bien définis, une ligne rédactionnelle claire, des invités bien choisis sans exclusion, des reportages bien ficelés et audacieux…

Fateh Felhi, Hamadi Ghidaoui…les jeunes présentateurs de la TV ont largement le temps pour travailler. Une préparation est nécessaire pour chaque émission. Les rédactions ont beaucoup de travail à faire..

Nous allons attendre. Nous avons de l’espoir, après 23 ans d’amalgame sur nos chaines de télévision, on peut toujours attendre, encore quelques mois, mais pas plus. Nous avons nos commandes, on peut toujours zapper.

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